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Un prix pour la femme aux dix mille enfants BBC Afrique
Maggie Barankitse
Barankitse, mais elle préfère qu'on l'appelle Maggie. Depuis douze ans, elle s'occupe d'enfants victimes de la guerre civile au Burundi et d'autres conflits. Elle offre aussi un abri aux femmes et aux enfants burundais réfugiés qui reviennent dans leur pays, un centre d'accueil où ils peuvent commencer à rebâtir leurs vies. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés vient de saluer son action en lui décernant son Prix Nansen pour cette année.
C'est en 1993, durant la guerre civile au Burundi, que Maggie Barankitse entame son action, sauvant les vies de 25 enfants. Elle vient d'assister au massacre de 72 personnes dans sa ville de Ruyigi (dans l'est du Burundi) , où elle enseignait.
"Après le massacre, nous avons essayé de fuir" se souvient Maggie Barankitse " mais il fallait aussi enterrer les morts". Parcourant les allées du cimetière de Ruyigi, elle ajoute: "ils étaient nombreux, nous avions peur. Nous avons cherché un endroit qui ne serait pas facile à trouver. Nous nous sommes mis à creuser, aussi vite que le permettaient nos forces. Aujourd'hui, les 72 personnes tuées ce jour-là sont encore ici, dans cette fosse commune".
La Maison Shalom
Petit à petit, Maggie Barankitse a poursuivi son action, sauvant des enfants: "au début, il y en avait 25. Mais au bout d'un an, ils étaient une centaine, puis le nombre est passé à 500... et maintenant ils sont plus de 10 000. Il fallait que je trouve un terrain pour les accuellir - et je me suis dit que les terres de mes parents conviendraient".
Maggie crée alors la Maison Shalom (la maison de la Paix), qui se développe pour devenir un réseau de "villages" permettant aux enfants de grandir au sein de "familles". Aujourd'hui, quatre de ces "villages d'enfants" existent au Burundi, ainsi qu'un centre d'accueils pour orphelins et enfants vulnérables à Bujumbura, la capitale.
Dans ces "villages", les enfants apprennent à tenir un foyer, à élever des animaux,et à gagner leurs vies. Les centre gèrent aussi un cinéma, une piscine publique, un salon de coiffure et une pension de famille à Ruyigi.
Les enfants apprennent aussi à surveiller leur hygiène et leur santé, et reçoivent une instruction sur les dangers du SIDA.
De leur côté, les réfugés de retour au Burundi reçoivent une aide pour faire démarrer des petits projets qui leur permettent de gagner un peu d'argent. Ils apprennant la souture, la menuiserie, la fabrication du savon...
Un travail sans relâche
Maggie Barankitse a déjà plus d'une fois attiré l'attention des média et de l'opinion internationale. Maintenant, elle a donc reçu le prix Nansen, créé à l'origine en 1954 pour honorer les personnes qui oeuvrent en faveur de réfugiés. Le prix porte le nom de l'explorateur norvégien Fridtjof Nansen, lauréat du prix Nobel de la paix 1922.
Dans un communiqué, le Haut commissariat de l'ONU précise que le prix est décerné à Maggie Barankitse pour son "travail sans relâche pour les enfants dont les vies ont été dévastées par la guerre et par le fléau du SIDA".
Le 22 juin prochain à Bruxelles, lors de la Journée mondiale du réfugié, elle recevra un don de 10 000 dollars (soit un peu plus de 5 millions de francs CFA) pour financer un projet de son choix.
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