
Les ressortissants du village de Brabodougou (Divo) se déchirent autour d'une affaire d'exploitation de bois
Les dissensions entre les fils de Brabodougou (5 km de Divo) sur la gestion des retombées de l'exploitation du bois dans le périmètre du village ont refait surface avec les accusations de détournement portées contre l'un des cadres du village par le porte-parole de la jeunesse dimanche à une réunion du Conseil général.
Le porte-parole des jeunes, M. Dogo Baby Georges, a publiquement accusé l'un des membres du Conseil, Okobé Josué Ligroga, d'être "le cerveau"de la mauvaise gestion des sommes générées par l'exploitation du bois de la forêt du village.
M. Dogo a été violemment pris à partie par les partisans d'Okobé qui menaçaient de le lyncher s'il ne ravalait pas ses propos et n'a pu poursuivre sa déclaration que grâce à l'intervention du président, M. Paul Yao N'dré, qui a réussi à faire sortir de la salle les partisans d'Okobé.
M. Dogo a dénoncé une vaste campagne de dénigrement orchestrée par les partisans de M. Okobé Josué pour avoir exigé de voir le contrat signé entre la société de Fabrique Ivoirienne de Parquet (Fip ) et le village de Brabodougou pour l'exploitation du bois du village.
Selon lui, M. Okobé Josué et M. Manon Paul, tous deux membres du comité ad hoc mis sur pied l'année dernière pour gérer les retombées du bois, ont été incapables de produire le document en question.
"Le village a perdu 92 millions, le Conseil général qui voulait permettre au village de rentrer dans ses fonds a été écarté et au lieu de 180 millions négociés par le Conseil, on est tombé à 88 millions", a révélé M. Dogo demandant à Okobé Josué de lui dire la destination des 92 millions.
Selon M. Josué Okobé Ligroga, la première exploitation de bois effectuée en 2004 par le Cnra et la Fip a rapporté 156 millions de Fcfa et la part du village était estimée à 77 millions. Mais contre toute attente, seulement un carton de liqueurs et 400.000 Fcfa ont été donnés au village.
La deuxième exploitation entre le 28 juillet et le 22 décembre derniers a rapporté au village près de 89 millions Fcfa pour 2009 billes de bois coupé. "C'est cette exploitation que nous avons géré, Manon Paul et moi", a indiqué Okobé.
La somme exacte de 88.954.894 cfa est logée dans deux comptes bancaires dont l'un est à la Coopec de Divo et l'autre à la Coopec d'Abdjan gérée par M. Manon Akpatron Paul avec comme assistant M. Okobé Ligroga Josué.
"Dieu est bon, chacun à son Juda et cet enfant est mon Juda", a-t-il dit parlant de Dogo avant de souligner s'être interposé, avec Manon Paul, pour mieux négocier le contrat avec la Fipe. "Cette entreprise a versé mensuellement 300.000Fcfa à Dogo, lui a acheté plus deux portables et une recharge de 10.000 Fcfa", a-t-il révélé.
"S'il n'a pas su gérer son argent et que c'est fini, je ne peux pas rentrer dans ces considérations", a dit M. Okobé.
Il a précisé avoir effectué des réalisations dans le village avec l'argent reçu de la Fipe citant, notamment, la réparation de trois pompes du village, l'équipement de salles de classe en tables-bancs, la construction d'un préau, la réhabilitation d'un foyer polyvalent. "Actuellement, 35 millions sont disponibles dans la caisse du village", a-t-il ajouté.
"Je suis tranquille devant Dieu, c'est lui seul qui tient ma vie et ma mort", a-t-il conclu.
M. Dogo ne veut pas se laisser compter et souhaite que la lumière soit faite sur cette affaire. Dans une lettre adressée au président du Conseil général lui demandant son arbitrage dans la gestion des sommes issues de la deuxième exploitation, M. Dogo affirme qu'"une partie de cette somme a servi à satisfaire les besoins familiaux et politiques au détriment de la mission première de développement du village"même si "quelques œuvres sociales"ont été réalisées à Brabodougou.