
Le tribunal coutumier d'Assabou décide de nommer un "vrai" chef de village à Kpangbassou
L'association des chefs traditionnels de Yamoussoukro a définitivement réglé, dimanche au cours d'une session du tribunal coutumier d'Assabou, le conflit de leadership qui divisait le village de Kpangbassou, en décidant de nommer un "vrai" chef.
Gado Pierre, chef de Kpangbassou, village situé non loin du site du transfert de la capitale à Yamoussoukro, vient d'être définitivement dépouillé du titre de chef de village dont il se réclamait.
Destitué, au dernier trimestre de l'année 2008 par Nanan Yablé Kouadja II, chef suprême des Akouè et chef du village de Yamoussoukro, Gado Pierre espérait être maintenu à la tête de Kpangbassou. Mais son sort vient d'être définitivement scellé au cours d'une rencontre initiée par l'association « Agoua » des chefs traditionnels de Yamoussoukro que dirige Nanan Koffi Elysée, chef du village de Subiakro.
Cette structure coutumière a été saisie par Gado Pierre lui-même, pour que la situation délétère qui prévaut à Kpangbassou trouve une issue heureuse.
En effet, la chefferie traditionnelle de Yamoussoukro dénonçait l'imposture de Gado Pierre qui se prévalait chef et propriétaire terrien de Kpangbassou. Aussi, une réunion publique pour clarifier le statut de ce village a-t-elle été organisée par le secrétaire général de la chefferie traditionnelle, Kouassi Yao Maurice.
Il en ressort que Kpangbassou n'est pas reconnu comme village mais plutôt en tant que quartier. En plus, Gado Pierre ne pouvait en être ni le propriétaire terrien et encore moins le chef et les habitants devaient s'en référer désormais à Nanan Yablé Kouadja II, chef du village de Yamoussoukro.
Une telle décision sous-entendait la destitution de Gado Pierre. Un chef ''légitime'' devrait alors être installé et être le représentant direct de Nanan Yablé Kouadja II à Kpangbassou.
L'association « Agoua » s'est saisie de ce dossier en vue de rendre un jugement qui mettra fin à la crise. Dimanche dernier alors, toute la chefferie traditionnelle des différents villages et tous les anciens qui connaissent l'histoire de Yamoussoukro ont été mis à contribution. Suite à moult interventions et explications, les responsabilités ont été situées, avec à la clé, la reconnaissance de Kpangbassou comme propriété ''inaliénable'' de N'Gokro et non celle de Gado Pierre, comme celui-ci tentait de le faire admettre.
Gado Pierre est de fait soumis à une amende d'un casier de vin et d'une bouteille de liqueur (Gin) dont il s'est acquitté.
Le tribunal a décidé par ailleurs que les autres points de discorde, notamment le lotissement effectué par Gado Pierre, son futur statut et la désignation du représentant de Nanan Yablé Kouadja II à Kpangbassou seront incessamment débattus en famille.