
Huit mois après les incidents avec la communauté lobi, les chefs koulango consolent la population de Marahui
Huit mois après le conflit interethnique entre la communauté lobi et les habitants koulango de Marahui, le chef suprême des Koulango, Dagbolo Sayé 1er, et le président du conseil général de Bondoukou, Kouamé Sécré Richard, ont envoyé samedi une mission de chefs de villages, afin de présenter leur compassion à la chefferie traditionnelle de Marahui
Le 05 septembre 2008, une expédition punitive menée par plusieurs ressortissants lobi du campement de Kohodio a occasionné officiellement neuf morts et 24 blessés ainsi que la destruction d'une trentaine d'habitations du village de Marahui, à une cinquantaine de kilomètres de Bondoukou, rappelle-t-on.
Selon le porte-canne du chef supérieur des Koulango, El Hadji Ouattara, chef de délégation, cette mission vise à présenter d'une seule voix les condoléances de l'ensemble de la chefferie koulango à leurs "frères de Marahui.
"Il est vrai que nous avions, chacun à son niveau, effectué le déplacement au lendemain des massacres, mais cette fois, il s'agit d'une action commune", a-t-il expliqué, priant Dieu pour que ces genres de faits ne se reproduisent plus jamais dans la région.
A la population de Marahui, la délégation lui a demandé de ne pas entretenir une attitude de vengeance, car la loi est la même pour tous, a-t-il précisé.
Le chef intérimaire de Marahui, Gboko Kouadio Fodio, a remercié ses collègues chefs koulango pour leur soutien et pris l'engagement que ses concitoyens et lui s'en remettront seulement aux lois du pays.
"Aujourd'hui, nous avons repris nos activités champêtres et la cohabitation avec la communauté lobi est effective", a-t-il rassuré les autorités traditionnelles.
Le président du conseil général de Bondoukou, Kouamé Sécré Richard, a exprimé sa satisfaction face à cette action collective des chefs Koulango et relevé que cette initiative de solidarité devrait mettre fin aux attaques répétées contre le village de Marahui dont la première, a-t-il rappelé, a eu lieu en 1994.