
Les funérailles, une cause de la pénurie de vivres dans les villages Sénoufo, selon Soro Gaoussou
Le Coordonnateur opérationnel du projet "magasins à céréales" de l'ONG Animation rurale de Korhogo (ARK), M. Soro Gaoussou Roger, a révélé mardi, à Korhogo, que les dépenses "énormes en vivres et en espèces" effectuées par les paysans lors des funérailles collectives grandioses après les récoltes expliquent la pénurie de vivres dans certains villages Sénoufo en période de soudure.
"Après les funérailles, les paysans sont confrontés aux difficultés financières qui les obligent à brader les réserves de céréales stockées dans les greniers. Ce qui entraîne une période de soudure précoce et longue pour ces paysans. Au lieu de trois mois (de juillet en août), la période de soudure va s'étendre sur six mois pour eux", a expliqué M. Soro Gaoussou pour justifier le projet "magasins à céréales" initié par l'ARK depuis 1990 dans certains villages du département de Korhogo.
La période de soudure se situe entre le temps des labours et celui des récoltes, rappelle-t-on.
Pendant ce temps, a souligné M. Soro, les commerçants revendent les mêmes céréales sur le marché au triple du prix d'achat aux paysans.
"C'est donc pour rendre les vivres disponibles et accessibles à moindre coût que l'ARK a initié le projet +magasins à céréales+ en subventionnant des groupements villageois féminins qui achètent les céréales au moment de la récolte pour les revendre à des prix accessibles aux paysans", a ajouté M. Soro Gaoussou.
Les céréales telles que le riz, le maïs et le mil constituent l'alimentation de base en pays sénoufo, note-t-on.
Malgré cette initiative de l'Animation rurale de Korhogo, certains villages sont toujours confrontés à la pénurie alimentaire en période de soudure, relève M. Soro Gaoussou.
"Nous n'avons jamais fait le plein du magasin par insuffisance des moyens financiers. Mais, il arrive très souvent que le stock disponible n'arrive pas à couvrir les besoins du village", selon le témoignage de deux gérants de magasins à céréales, MM. Yéo Zana et Soro Moussa, à Kounontonvogo, village situé à 15 km de Korhogo.