
La prostitution gagne du terrain à Bocanda
La prostitution gagne du terrain dans la ville de Bocanda, centre (région du N'Zi-Comoé), où des femmes de tous les âges squattent certains lieux publics, à la recherche de proies, pour faire face à leur vécu quotidien.
Interrogées sur leur profession, ces femmes expliquent qu'elles sont arrivées au plus vieux métier du monde pour des raisons purement économiques. Leurs lieux de prédilection sont les corridors tenus par les forces de défense et de sécurité et les alentours des maquis et bars dancing de la ville, constate-t-on.
Dépourvues de tout soutien financier, elles se voient obligées de se livrer à la prostitution pour assurer soit leurs études, soit leurs besoins quotidiens, ou pour prendre en charge leurs familles.
"Mes parents sont pauvres. C'est comme cela que je m'arrange pour assurer ma scolarité. Quand je terminerai mes études, je me marierai", explique l'une d'elles.
Pour l'autre, ce choix est la résultante d'une nuit passée avec un homme qui lui a remis 5.000 FCFA alors qu'elle était sans ressources après sa séparation d'avec son ex-époux.
Une troisième soutient qu'elle est arrivée à la prostitution par manque de soutien familial pour assurer ses études après le décès de son géniteur et son échec au Brevet d'études du premier cycle.
Selon elles, le prix de la passe varie du lieu et du temps à passer avec le partenaire.
"Il n'y a pas de prix fixe pour la passe. Il varie entre 1000 et 2000 FCFA. Le client qui désire passer toute la nuit avec une fille paie entre 5.000 et 6.000 FCFA", révèlent-elles.
Lors des funérailles dans la ville, exceptionnellement des clients peuvent faire des surprises en payant soit 5.000 F pour un passage, soit 10.000 FCFA pour une nuitée, ajoutent-elles.
Ces femmes indiquent qu'elles ont conscience des dangers qu'elles courent en exerçant le plus vieux métier du monde. Leurs rapports sont donc protégés pour éviter de contracter des maladies sexuellement transmissibles (MST) ou même le VIH/Sida. Toutefois, elles peuvent avoir des rapports non protégés selon les exigences du client, ont affirmé certaines d'entre elles.