
Le préfet de Kounahiri tente de faire lyncher le préfet de la Région du Zanzan
La journée du mardi 15 juillet, à Bondoukou, a été fort marquée par une tentative de lynchage manquée du préfet du département de Kounahiri sur la personne du préfet de Région, préfet de Bondoukou, François Germain Goun, qui ne s'est pas non plus laissé intimider.
Dans un échange de propos peu amènes, et à la limite des conventions et protocoles admis, lors d'une rencontre publique, à la Mairie, le préfet Gbané Mahama, originaire de Bondoukou, a vertement tancé le préfet de Région, administrativement son supérieur, pour son laxisme et sa légèreté dans le traitement d'un dossier afférant à l'application d'un arrêté ministériel.
Des jeunes du mouvement des jeunes pour le renaissance de Bondoukou(Moreb), à l'origine de récentes manifestations de protestation contre l'exploitation jugée abusive de forêts dans la région par des exploitants forestiers et autres clandestins, demandent au préfet Goun d'abroger ou, à tout le moins, de suspendre l' arrêté ministériel autorisant et réglementant l'exploitation des essences ligneuses dans la zone.
Ces jeunes invoquent le fait que cette exploitation se ferait clandestinement, l'abattage s'opérant de nuit, et le ramassage, le jour. Devant un auditoire important et composite comprenant chefferie, autorités administratives et militaires, et des représentants des jeunes, et faisant preuve d'un activisme incommodant, M. Gbané a violemment reproché à M. Goun de n'avoir pas donné les « réponses justes » à des préoccupations exprimées, alors qu'il ignore lui-même les tenants et aboutissants de ce dossier.
"Quand les jeunes posent des problèmes de fond, il faut leur donner des réponses justes", s'est exclamé M. Gbané, jouant les directeurs de conscience de M. Goun. Pour quel motif ? L'on l'ignore, mais cette situation fut d'autant plus gênante que le préfet Gbané Mahama n'exerce pas sur le ressort territorial de Bondoukou.
Dans sa réplique, en faisant l'économie de polémique, le préfet de Région Goun François Germain a conseillé un « peu plus de sagesse » à son homologue. « L'arrêté ministériel en question est-il pour le ramassage ou l'abattage d'arbres ?», a-t-il interrogé sèchement, lui signifiant également qu'un problème vite résolu et toujours mieux résolu, pour l'emprunter à l'adage usuel.
« Les problèmes dont vous pouvez anticiper la résolution, n'attendez pas que le feu s'allume pour venir jouer les pompiers », a-t-il calmement asséné devant son auditoire médusé par l'attitude un peu cavalière du préfet de Kounahiri qui pourrait bien là mériter une demande d'explication de sa hiérarchie.
Le préfet de Région a par la suite invité les populations à « user de franchise, de sincérité et à dire la vérité à leur progéniture", et réaffirmé qu'"au demeurant, il ne revient pas à l'autorité préfectorale de suspendre ou abroger un arrêté ministériel. "Notre rôle étant d'accompagner la mise en œuvre des décisions gouvernementales", a-t-il rappelé.
Des milliers de jeunes de la localité, regroupés au sein d'une ong, dénommée Moreb, avaient organisé, le 8 mai, une manifestation de protestation contre l'exploitation clandestine et abusive de forêts dans la zone. Cette manifestation s'était soldée par des casses contre des biens publics et de tiers.