
CHR de Korhogo: des investissements supplémentaires attendus pour améliorer son fonctionnement
Le Directeur du Centre hospitalier régional (CHR) de Korhogo, Dr. Kra Jules Lampaud, a présenté, mercredi, à Korhogo, les difficultés qui entravent le fonctionnement normal de sa structure dans le contexte actuel de normalisation de la situation sociopolitique.
Le matériel lourd, notamment, les deux groupes électrogènes installés depuis 1978 sont vétustes et complètement défaillants. L'un de ces deux groupes électrogènes ne fonctionne pas et l'autre difficilement. En cas de délestage électrique, il n'alimente seulement que le service de gynécologie, a confié le Directeur du CHR à l'AIP.
«Tout le système de la cuisine du restaurant est hors d'usage. Ce qui oblige le personnel de garde à se nourrir hors du CHR dans des restaurants privés», a-t-il poursuivi en ajoutant que le système téléphonique interne vieux de 30 ans est également défaillant.
Il a aussi souligné que le plateau technique médical, c'est-à-dire, le petit matériel de soin, le matériel des blocs opératoires, le mobilier, les lits d'hospitalisation, sont vétustes et insuffisant. «A l'ouverture du centre, le 15 février 1978, il y avait 430 lits d'hospitalisation, 10 couveuses et 100 berceaux. Aujourd'hui, il n'y a que 187 lits, 8 couveuses et 30 berceaux fonctionnels», a-t-il déploré.
Selon le Dr du CHR qui a pris fonction le 9 juillet 2007, en plus de la dégradation naturelle subi par ses locaux, le CHR de Korhogo a été la cible des pillards au plus fort de la crise ivoirienne.
Le CHR est bâti sur une superficie de 30. 000 m2 avec 42 bâtiments dont 11 encore restent à réhabiliter, a-t-il dit.
Le premier responsable de l'administration du CHR de Korhogo, a révélé, par ailleurs, que depuis plus d'un an, le Comité international de la croix rouge (CICR) et l'Union Européenne ne cessent d'apporter leur appui au CHR de Korhogo.
«Après la réhabilitation de la bâche à eau et de l'incinérateur, le CICR a fait don de matériels au CHR et envisage la création d'un service autonome de stérilisation et la réhabilitation des forces sceptiques du centre», a-t-il fait savoir.
L'Union Européenne (UE), a-t-il ajouté, a réhabilité 31 des 42 bâtiments, avant de fournir, en 2006, des médicaments à la pharmacie du Centre hospitalier régional de Korhogo dans le cadre d'un projet dénommé UE- CICR-PSP (Pharmacie de santé publique).
«Avec les recettes de la vente des premières dotations en médicaments, la pharmacie du CHR est régulièrement approvisionnée en médicaments», a déclaré le premier responsable de l'administration du CHR de Korhogo qui a mentionné, par ailleurs, que deux ambulances ont été offertes par l'ambassadrice islamique d'Iran et le conseil général de Korhogo à sa structure.
Il estime qu'en dépit des difficultés, les populations de la région des savanes peuvent se soigner dans le centre hospitalier comme il faut.
«Au début de la crise, il y avait peu de personnel qualifié, mais aujourd'hui, avec l'effectif de personnel qualifié que nous avons grâce au redéploiement de l'administration, les soins sont de bonne qualité au Centre hospitalier régional de Korhogo», a-t-il affirmé, avant d'indiquer que les soins sont assurés par 11 médecins, deux pharmaciens, deux chirurgiens dentistes, 12 infirmiers spécialistes, 11infirmiers diplômés d'Etat, 3 sages femmes, deux techniciens de laboratoire, un surveillant d'unité de soin et 8 aides-soignants.
Il souligne, néanmoins, qu'il faut encore au moins une dizaine d'infirmiers, six sages femmes, quatre techniciens de laboratoire et trois surveillants d'unité de soins pour le fonctionnement normal du centre.
Au CHR de Korhogo, a-t-il poursuivi, les patients sont pris en charge dans plus d'une dizaine de services médicaux, à savoir, l'urgence médicale, la gynécologie, la chirurgie, le service de réanimation, la médecine générale, la pédiatrie, la dermatologie, la cardiologie, l'ORL (Oto-rhino-laryngologie), l'ophtalmologie, la neuropsychiatrie, la radiologie, le laboratoire d'analyse médicale et la pharmacie.
Le Directeur du CHR a fait remarquer que des médecins n'ayant pas encore été affectés en ophtalmologie, cardiologie, neuropsychiatrie et ORL, la gestion des ces services est confié à des infirmiers spécialisés qui y donner les soins aux patients.
«Ces services étant les seuls de la région, les patients sont souvent obligés de se rendre à Bouaké pour recevoir les soins en ophtalmologie, cardiologie et en Oto-rhino-laryngologie», a-t-il souligné.
Il a aussi dit qu'actuellement 5 blocs opératoires (dont 2 en gynécologie et 3 en chirurgie) sur le 7 que comporte le CHR sont fonctionnent, avant de révéler que les deux blocs opératoires en ophtalmologie et ORL ne fonctionnaient plus depuis avant la crise en 2002.
Le taux de fréquentation de ce centre hospitalier a connu une amélioration et est passé de 22% à 37% de 2007 en 2008, a indiqué Dr. Kra Jules, précisant que 1000 consultations généralistes et 2000 spécialistes ont été enregistrées au cours du premier semestre l'année 20008.
Il a aussi révélé, qu'après la notification de son budget, l'administration du CHR de Korhogo applique, depuis deux mois, les tarifications normales des actes de santé définies par le ministère de la santé et de l'hygiène publique pour tous les centres hospitaliers du pays.