
L'excision demeure un sujet tabou à Man
Les mutilations génitales féminines, pratiquées de longues dates dans la région de Man, restent un sujet hautement sensible, à la limite du tabou, au sein des populations.
A l'occasion de certaines séances de sensibilisation sur des questions liées directement ou non à l'excision, les populations locales n'hésitent pas à désapprouver les agents formateurs, leur reprochant de dénigrer un pan de leurs us et coutumes dont l'on n'a pas le droit de parler sur la place publique.
La masse populaire mobilisée pour l'occasion s'effrite irréversiblement si la séance ne prend pas fin en queue de poisson.
Plusieurs femmes de Blolé, cinq km de Man, ont déserté récemment la place publique du village lorsqu'un émissaire de l'ONG "GFM3" qui leur parlait de fistule, a relevé une relation de cause à effet entre cette maladie et les mutilations génitales, a constaté sur place l'AIP.
Ce genre d'incident est légion dans la région de Man où les mutilations génitales féminines sont une habitude culturelle donnant lieu à des festivités grandioses.
En Côte d'Ivoire, la loi du 23 décembre 1998, portant répression de certaines formes de violences à l'égard des femmes, combat les mutilations génitales féminines. Cependant, elle est méconnue de ses principales bénéficiaires, note-t-on.