
Le paludisme, première cause des consultations dans les régions du Bafing et du Denguélé
Le directeur régional de la Santé à Odienné, Dr Dougrou Sawouré, a révélé, jeudi, que le paludisme est la première cause des consultations dans le Bafing et le Denguélé, à la faveur d'un atelier de formation des prestataires à la prise en charge correcte du paludisme qui se tient depuis mardi à Odienné.
"Au Centre médico-scolaire d'Odienné, sur dix consultations, huit ont pour cause le paludisme, soit 80% des malades. A Pietro Bonilli, une structure privée confessionnelle d'Odienné, 90% des malades reçus sont des paludéens et au centre de santé urbain du chef-lieu de la sous-préfecture de Kaniasso (35 km au nord d'Odienné), 85% des malades souffrent du paludisme", a déclaré le directeur régional de la Santé pour expliquer que le paludisme est la première cause de morbidité dans le nord-ouest.
"Toute la Côte d'Ivoire est malade du paludisme", a déploré Dr Dougrou Sawouré, soulignant que les statistiques sont, à quelques variantes près, pareilles dans toutes les régions du pays. Il a également relevé que le plasmodium, responsable du paludisme, est de plus en plus résistant à la chloroquine.
Selon le directeur régional de la Santé d'Odienné, l'administration d'un seul médicament antipaludique dans le traitement du paludisme n'étant plus efficace, une prise en charge améliorée consiste désormais en une "combinaison thérapeutique à base d'artémisinine" (CTA) ou "bithérapie".
"L'artémisinine est associée à l'amodiaquine en première intention pour les cas de paludisme simple (maux de tête, fièvre et frissons)", a dit le médecin, ajoutant que ce traitement donne entre 95 et 99% de taux de guérison. En cas d'échec de cette thérapie, la 2ème ligne associe toujours à l'artémisinine, une autre molécule appelée luméfantrine, a-t-il ajouté.
Dr Dougrou a également indiqué que pour les cas graves (maux de tête, fièvre, frisson plus coma ou anémie ou convulsions), le malade doit être hospitalisé avec de la quinine en perfusion pendant quatre à six jours.
"La prise en charge correcte du paludisme" est le thème de l'atelier initié, depuis mardi, par le Programme national de lutte contre le paludisme à l'intention des prestataires du district sanitaire d'Odienné, rappelle-t-on.
Vingt cinq personnes (médecins, infirmiers, sages-femmes et pharmaciens) participent à cet atelier qui prend fin samedi.
Un autre atelier sur le même thème sera ouvert mardi prochain à l'intention de 25 autres prestataires du district sanitaire, note-t-on.
La prise en charge correcte du paludisme proposée par le Programme national de lutte contre le paludisme et validée par l'OMS est à quatre composantes : la prise en charge médicamenteuse (bithérapie) des femmes enceintes et des enfants de 0 à 5 ans, la prévention et la protection des femmes enceintes et des enfants par l'utilisation de moustiquaires imprégnées et l'imprégnation intra-domiciliaire, la chimio-prophylaxie des femmes enceintes et l'assainissement.