
Les taxis observent un arrêt de travail pour protester contre la bastonnade de chauffeurs par des militaires
Le collectif des syndicats des chauffeurs, auxiliaires et taxis de Yamoussoukro observe depuis jeudi, "jusqu'à nouvel ordre", un arrêt de travail dont le mot d'ordre a été lancé mercredi dans la soiriée, pour protester contre la bastonnade de chauffeurs par des militaires.
Selon des témoins, cet incident est survenu à la suite d'un accident occasionné par un chauffeur de taxi et dans lequel un militaire, à moto, a fait une chute. Une fois s'être relevé, l'infortuné fait appel à ses camarades du camp du deuxième échelon pour des représailles.
Ceux-ci, aussitôt accourus, engagent une opération punitive en règle, bastonnant tout conducteur sur leur passage, expliquent deux des victimes, Koné Drissa et Célestin Kouassi, qui ont révélé qu'un des chauffeurs, blessé au crâne, est même tombé dans le coma, et que dans leur furie, ces soldats ont cassé les pare-brise de cinq taxis.
Le collectif des syndicats des chauffeurs qui s'est réuni, séance tenante, a ainsi décidé qu'aucun taxi ne circule dans la ville et ses environs jusqu'à nouvel ordre. « Nous ne reprendrons le travail que lorsque les militaires auront réparé nos véhicules endommagés », a fait savoir le président du collectif, Sékongo Piédanga.
L'on signale que les altercations entre transporteurs et forces de l'ordre sont récurrentes dans la région, à l'instar de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, où elles se soldent souvent par des bavures avec mort d'hommes.