
Marc Ravalomanana condamné
La cour criminelle ordinaire d'Antananarivo a rendu son verdict samedi à l'aube sur les événements du 7 février 2009 à Madagascar. L'ancien président Marc Ravalomana été jugé coupable de complicité de meurtre avec guet-apens.
Il a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité dans le procès des auteurs de la fusillade où la garde présidentielle avait tiré sur la foule en 2009.
Le président évincé vit en exil en Afrique du Sud depuis mars 2009.
"M. Ravalomanana a été condamné par défaut aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et complicité de meurtre," a déclaré Me Hanitra Razafimanantsoa, l'un de ses avocats.
Le 7 février 2009, la garde présidentielle avait tiré sans sommation sur une foule qui se dirigeait vers le palais du président, dans le centre-ville de la capitale, faisant au moins une trentaine de morts et plus d'une centaine de blessés.
Le procès s'est déroulé pendant deux jours devant la Cour criminelle ordinaire d'Antananarivo.
Les audiences ont suscité beaucoup de remous, avec la présence des partisans des deux camps en grand nombre.
Les accusés ont été défendus par seulement deux assesseurs .
Leurs avocats avaient choisi de quitter les débats dès le début, considérant qu'il y avait "violation flagrante des droits de la défense", selon Me Razafimanantsoa.
Parmi les dix-neuf accusés, neuf ont écopé d'une peine de travaux forcés à perpétuité, trois condamnés pour usurpation de fonction, les autres en majorité membre de la sécurité présidentielle ont été relaché au bénéfice du doute.
"Les voies de recours sont l'opposition et le pourvoir en cassation, on verra ce qu'on va faire," a annoncé l'avocate, qui a prévenu M. Ravalomanana de sa condamnation.
"Pour lui, ce n'est pas une décision sérieuse car la justice actuelle est trop instrumentalisée par le régime en place," a-t-elle indiquée, car "le but est de le condamner pour qu'il ne puisse pas rentrer à Madagascar et se présenter aux élections futures".
Le 7 février 2009, Andry Rajoelina, alors maire d'Antananarivo et opposant à Marc Ravalomanana s'était déclaré "en charge des affaires du pays" après des semaines de confrontation et de manifestations publiques.
Il avait nommé un "Premier ministre" que des milliers de partisans avaient voulu installer au Palais présidentiel, lieu de la fusillade.
Madagascar est plongée dans une crise politique grave depuis fin 2008, qui a conduit à l'éviction en mars 2009 du président Marc Ravalomanana et à son remplacement par son principal opposant M. Rajoelina, alors soutenu par l'armée.