
Wôrô-wôrô, autobus...Des femmes au volant
Les femmes ont décidé de faire incursion dans des métiers autrefois exclusivement destinés aux hommes. Depuis quelques années, autobus, taxis et autres véhicules de transport en commun n'ont plus de secrets pour elles.
Longtemps confinées dans le rôle de ménagères, les femmes ont décidé de jouer désormais les mêmes rôles que leurs partenaires du sexe opposé. Les populations Abidjanaises sont habituées depuis quelques années maintenant, à voir des silhouettes féminines au volant des véhicules de transport.
Il y a deux (2) ou trois (3) ans de cela, la direction générale de la Société de transport abidjanais (Sotra), dans sa volonté de faire la promotion de la gent féminine, a ouvert l'accès au concours de machiniste à tous les genres. Dès lors, la conduite des autobus ne sera plus l'affaire que des seuls hommes. De nombreuses femmes seront recrutées pour prendre la direction de ces gros engins roulants de la SOTRA. De la gare Lagunaire du Plateau, à la gare Nord d'Adjamé, en passant par les terminus de Marcory, et des lignes 81 et 82 à Angré, ces "amazones" bravent aussi bien la circulation, que les caprices de certains usagers de la Sotra.
Dame Nguessan qui fait la ligne 47 à Yopougon (Sogefia-Abobo Doumé), nous parle ici de ses premiers jour à la Sotra: "Au départ j'ai été engagée come simple réceveur. Mon travail consistait à distribuer les tickets dans les gares ou dans les bus. Mais à la faveur de la nouvelle politique sociale de la Sotra, j'ai été reconvertie en machiniste, après avoir bien sûr, passé le test de recrutement avec brio." Comme cette mère de famille, biens d'autres femmes se sont lancées dans le secteur des transports.
Dans le quartier chic de Cocody, Melle Abiba, 31ans et conductrice de wôrô-wôrô, surprend plus d'un passager dans la commune où elle exerce. A son passage, tous les regards sont focalisés sur elle. "Wow! C'est une femme qui conduit ce taxi", s'exclament des passants à la vue de Abiba au volant de son wôrô-wôrô.
Notre interlocutrice nous explique que le métier qu'elle exerce, aussi passionnant soit il, n'est pas toujours aisé. Il arrive en effet qu'elle transporte des clients de mauvaise foi. Abiba nous confie qu'une fois même, elle s'est fait agresser par des bandits au nombre de trois (3). "Ces scélérats ce sont fait passer pour des clients ordinaires au départ. Mais une fois à bord du taxi, ils ont décliné leur vrai identité. Avec une rare politesse, ils m'ont demandé de garer et de leur donner toute ma recette. Je me suis exécuté, et ils se sont évaporés dans la nature après leur forfait. Heureusement qu'ils ne m'ont pas fait de mal. Je saurai me battre, tant que je suis en vie", raconte la victime dans sur un ton empreint d'émotion.
Notre conductrice de wôrô-wôrô indique toutefois qu'il y a des gens qui l'encouragent dans ce métier qui l'a rendu célèbre à Cocody. "Certains passagers, des hommes pour la plupart, me disent de gentils mots, et me laissent souvent de gros pourboires" confie t elle avant d'ajouter que "même les forces de l'ordre qui sifflent mon véhicule pour un contrôle de routine, ne manquent pas de me chahuter, et de m'encourager."