
Une "cabale" contre le président de la CEI (avocats)
Les avocats de la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne ont dénoncé lundi à Abidjan une "cabale" visant selon eux à faire partir le président de la commission, Robert Beugré Mambé.
Selon maître Jean Chrysostome Blessy (l'avocat Jean Chrysostome Blessy ), maître Jeannot Ahoussou et maître Emmanuel Assi, qui ont animé une conférence de presse, le président de la Commission électorale est gênant pour des personnes.
"Ils veulent reprendre en main la procédure électorale pour faire de la CEI ce qu'ils veulent", ont-ils dit.
Les avocats ont par ailleurs rappelé, en se référant à une loi du 14 décembre 2004, que le président de la CEI et ses collaborateurs bénéficient d'une immunité judiciaire.
"On ne peut pas les rechercher, on ne peut pas les poursuivre en justice, on ne peut pas les détenir ni les juger", a martelé maître Assi, le bâtonnier de l'ordre des avocats ivoiriens.
"Nous avons écrit à la police criminelle à qui l'enquête a été confiée pour dire qu'elle est incompétente à entendre notre client Beugré Mambé", a indiqué maître Blessy.
Pour les avocats de la CEI, les résultats de l'enquête livrés par le parquet sont plutôt une parole accusatrice.
"Il n'y a pas encore de liste électorale. Pourquoi accuse-t-on le président Mambé d'avoir fait du faux?", s'est interrogé pour sa part maître Ahoussou, estimant que le président de la commission électorale a fait un croisement en interne et qu'il n'a pas violé le mode opératoire.
L'affaire de la liste électorale fait couler beaucoup d'encre en Côte d'Ivoire, mettant à mal le processus électoral en cours. Le camp présidentiel accuse le président de la commission électorale d'avoir introduit frauduleusement 429.000 enrôlés sur la liste électorale définitive et demande sa démission.
Le ministre ivoirien de l'Intérieur, Désiré Tagro, a saisi pour cela le parquet qui, à l'issue d'une enquête, a déclaré le président de la CEI et quatre de ses collaborateurs (le vice- président de la structure Jean Baptiste Gomis, le secrétaire général Jacques Yapi, et le resposnable du service informatique Julien Kouakou) coupables de fraude sur la liste électorale.
Lors d'une conférence de presse samedi dernier, le président de la CEI a réfuté une nouvelle fois les accusations de fraude, et exprimé sa volonté de rester à son poste.