
Les acteurs politiques et journalistes ivoiriens s'imprègnent de l'expertise ghanéenne
L'ancien président ghanéen John Kufuor, qui a séjouré de jeudi à dimanche en Côte d'Ivoire sur l'invitation de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire (OJPCI), a appelé les acteurs politiques ivoiriens à respecter les règles qu'ils ont établis par consensus.
"Tant que nous ne jouerons pas selon les règles du jeu, tant que nous n'arrêterons pas de faire aux autres ce que nous n'aimons pas qu'on nous fasse, la paix et la stabilité que nous recherchons ne viendront jamais", a-t-il averti au cours d'une conférence qu'il a animée.
John Kufor a aussi invité les leaders politiques à se servir du dialogue pour résoudre les conflits.
"Le dialogue est la seule voie. L'intérêt national doit être au- dessus de tout. Personne n'est indispensable. Ce qui doit primer en tout temps et en tout lieu, c'est l'intérêt supérieur de la nation", a-t-il recommandé.
Pour l'ancien chef d'Etat ghanéen, la Côte d'Ivoire ne doit pas brûler car elle est un pays phare de la sous-région.
"On peut tout réussir en y mettant la volonté. Le peuple ghanéen a eu la volonté de sortir de la zone de turbulence où il a passé plus de la moitié de ses années d'indépendance et il l'a réussi", a ajouté M. Kufuor.
Au cours de son séjour, M. Kufuor a rencontré des dirigeants ivoiriens, des chefs de communautés religieuses, des leaders de partis politiques ainsi que des journalistes. Il a demandé à ceux- ci de jouer leur partition pour l'avènement de la paix.
"Vous devez exercer votre métier dans l'objectivité et avec professionalisme. Il faut faire ce qui est bon pour l'ensemble de la nation", a conseillé M. Kufor aux hommes de medias.
Le président de l'OJPCI, Pascal Brou Aka, a pour sa part formulé l'espoir que les conseils avisés par M. Kufuor inspirent tous les acteurs ivoiriens pour l'instauration d'un climat de dialogue et de paix dans le contexte actuel en Côte d'Ivoire où la sortie de crise est pour lui "mouvementée".
Le Ghana se présente aujourd'hui comme un "modèle" en matière d'élection démocratique après le scutin présidentiel de janvier 2009. Après avoir dirigé le pays pendant huit ans, le Nouveau parti patriotique (NPP) de John Kufuor avait cédé la place au Congrès démocratique national (NDC) du nouveau président John Atta Mills.