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Audition des témoins lundi et des experts mardi dans le procès du Probo Koala APA [ 5/10/2008 ]
Une semaine après l'ouverture du procès de l'affaire des déchets toxiques qui a vu la comparution de neuf personnes pour « empoisonnement ou complicité d'empoisonnement », les témoins de ce désastre seront entendus lundi par la cours d'assise d'Abidjan en vue de situer la chaîne de responsabilités.
Douze au départ, ce sont neuf accusés dont une dame qui ont répondu à l'appel de la cour d'assise d'Abidjan trois autres qui ne se sont pas présentés au procès devant être jugés par contumace.
Une vingtaine de personnes, est concernée par cette audition dans le cadre de la « manifestation de la vérité » de cette affaire des déchets toxiques déversés en août 2006 dans la capitale économique ivoirienne, et qui a causé la mort de 17 personnes et fait plusieurs milliers d'intoxiqués, selon un bilan officiel.
Il s'agissait notamment du colonel major Gnamien Konan alors directeur général des douanes ivoiriennes, Marcel Gossio, directeur du Port Autonome d'Abidjan et le Gouverneur du District d'Abidjan, Pierre Amondji.
Ces trois personnalités qui avaient été suspendues, ont été par la suite rétablies dans leur fonction par le Président Laurent Gbagbo.
Deux Français, Claude Dauphin et Jean-Pierre Valentini, avaient été aussi écroués pendant quelques jours à la Maison d'Arrête et de Correction d'Abidjan (MACA).
Le témoin crucial de cette audition du lundi sera sans nul doute N`Zi Kablan, l'administrateur de Puma Energy, la filiale ivoirienne de Trafigura. Ce dernier, absent à l'ouverture du procès le 29 septembre dernier a été cité à maintes reprises par le patron de Tommy, le Nigérian Salomon Ugborugbo, le principal accusé.
Cette audition des témoins privilégiés sera suivie mardi de celle des experts.
En août 2006, le navire Probo Koala affrété par la multinationale Trafigura, avait déversé dans différentes décharges à ciel ouvert d'Abidjan, quelque 500 tonnes de déchets toxiques, faisant « plus de dix sept morts », et causant des désagréments à des milliers d'autres.
Aucun des dirigeants de la multinationale Trafigura, l'affréteur du cargo Probo Koala, ne sera poursuivi dans le cadre de ce procès ouvert le lundi dernier à Abidjan, la justice leur ayant accordé un non-lieu, suite à un accord à l'amiable intervenu entre les autorités ivoiriennes et les responsables de cette entreprise.
En effet, en février 2007, l'Etat a signé un accord avec Trafigura, prévoyant l'abandon par la Côte d'Ivoire de toute poursuite judiciaire et le paiement par la société responsable de ce drame écologique, de la somme de 100 milliards de FCFA en guise de dédommagement des victimes.
Selon certains avocats des accusés, «c'est trop facile que la société Trafigura ne soit pas entendue dans cette affaire ».
« C'est un procès de l'Etat de Côte d'Ivoire et non des déchets toxiques. Ils ont biaisé le débat mais nous attendons le réquisitoire du parquet », a déclaré à APA très amer, maître Babaoulé Diabaté, l'un des avocats du principal accusé, Salomon Ugborugbo, le patron de Tommy.
«L'Afrique n'est pas une décharge dont on peut faire bon marché. Les victimes doivent obtenir la justice qu'elles méritent », avait ajouté le rapporteur des Nations unies, qui avait également annoncé qu'il se rendrait aux Pays Bas, à la fin de l'année, pour obtenir la manifestation de la vérité afin que soient situées les responsabilités.
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