
En visite dans la zone ex-assiégé, Laurent Gbagbo redoute le syndrome kenyan
A la faveur de la célébration des festivités commémorant la Pâques à Sokpa, village relevant de la sous-préfecture d'Ando Kékrénou, dans le département de Béoumi (50 km à l'ouest de Bouaké), le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo a redouté dimanche le syndrome kenyan dans son pays.
Il a notamment invité les uns et les autres à « s'engager résolument dans le processus de paix notamment certains acteurs de la vie politique, adeptes du chaos, prêts à reproduire en Côte d' Ivoire le drame kényan au cas où ils sortiraient perdants des élections ».
Le président ivoirien s'est également félicité en outre des énormes progrès enregistrés par l'Accord Politique de Ouagadougou, notamment la libre circulation des hommes et des biens devenue une réalité, avant de réitérer sa détermination et celle de son Premier ministre à sortir de la crise par la tenue des élections.
« La guerre est survenue mais elle est finie. Je vous demande de vous réarmer pour qu'on retourne à la bataille, à la lutte pour qu'on retrouve l'équilibre et l'effort en vue de gagner de l'argent pour réparer ce qui a été gâté », a déclaré le président Laurent Gbagbo.
« Je suis venu vous parler un langage de courage », a-t-il ajouté.
Pour Laurent Gbagbo, qui avait à ses côtés le Premier Ministre, Guillaume Soro, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, « la guerre ne saurait être une fatalité, la fin des espérances ».
La pâques (ou paquinou par déformation linguistique chez les Baoulé), fête religieuse à l'origine, a pris une autre connotation dans le grand « V Baoulé » ("V" Baoulé (Sakassou, Béoumi, Tiébissou, Toumodi, Dimbokro, Daoukro, Bouaké,. Yamoussoukro), notamment à Béoumi où elle donne lieu à de grandes réjouissances.
C'est l'occasion pour les fils et filles du grand Centre de la Côte d'Ivoire qui exercent pour la plupart hors de leur sphère géographique, de se retrouver dans la ferveur pour faire le point des actions de développement de la saison écoulée, mais aussi et surtout pour tracer les perspectives en vue de sortir leur région de la léthargie dans laquelle elle est plongée.
La Côte d'Ivoire tente de se sortir d'une crise de plus cinq ans après la signature le 4 mars 2007 de l'accord de Ouagadougou par le président Laurent Gbagbo et le leader de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles, Guillaume Soro, sous les auspices du facilitateur le président Blaise Compaoré du Burkina.