
Crise de la CEI - Adama Bictogo : « Il faut laisser Guillaume Soro gérer la crise »
Le directeur régional de campagne du rassemblement des républicains (RDR) dans la région de l'Agnéby était l'invité samedi dernier de "la semaine en revue", sur ONUCI FM. Nous vous proposons en intégralité les réactions de M. Adama Bictogo sur la crise qui secoue la CEI et oppose les différents partis, acteurs dans la crise ivoirienne.
A propos du soutien apporté par le RHDP au président de la CEI et des accusations portées par le camp présidentiel voici la position de Mr Adama Bictogo.
De mon point de vue, aussi bien le clan présidentiel que l'opposition ne devrait pas s'engager ni soutenir ni accuser, aucun camp ne devrait confirmer ni infirmer, parce que la commission électorale est indépendante, le président Robert Beugré Mambé est indépendante, même s'il représente un parti politique, dès lors qu'il est le président de la commission électorale indépendante il doit se départir ces habits d'homme politique, à partir de cet instant, il ne peut avoir de soutien d'un parti politique encore moins subir les accusations d'un parti politique. Ce qui est recevable de la part du RHDP, c'est cette histoire ne doit pas remettre en cause le programme validé à Ouagadougou. C'est pour cela que tous les hommes politiques devraient avoir de la retenue pour laisser le premier ministre gérer ce dossier. Il faut faire confiance au premier ministre, il faut laisser Guillaume Soro mener ses enquêtes, c'est à lui de le faire, c'est à lui de venir de s'adresser aux ivoiriens pour les rassurer les ivoiriens sur sa volonté et les capacités de la CEI à nous envoyer aux élections dans la en respectant la transparence et l'équité entre les différents candidats pour que la Côte d'ivoire ai une élection propre et crédible. De mon point de vue sans faire de procès, mais je considère qu'il ya eu de la précipitation de part et d'autre et ce n'est pas de cela que les ivoiriens ont besoin. Les ivoiriens ont besoin de sérénité.
Sur une éventuelle possibilité de contestation de la présidentielle qui pourrait être née de cette crise
C'est trop tôt de se projeter dans le futur, mais c'est vrai que si la crise actuelle n'est pas bien gérée, s'il n'y a pas une certaine clarification à l'état actuel des choses, c'est clair que nous allons développer des susceptibilités et des inquiétudes et vous savez que les susceptibilités et les inquiétudes font naitre la méfiance entre les différents acteurs et si la méfiance nait il clair que les résultats à venir seront contestés par l'un ou l'autre camp.
Comment rassurer toutes les parties avant le scrutin
La tâche de rassurer toutes les parties avant les élections incombe au premier ministre. Je crois que le premier ministre fort de toutes les informations en sa possession doit donc adresser un message aux ivoiriens, lequel message devrait situer les différentes responsabilités, en tout cas éclairer les ivoiriens et l'opinion internationale et rassurer les uns et les autres sur la prise en main par lui-même du suivi des élections. Si une partie considère que la commission électorale n'est pas impartiale il revient au premier ministre qui à la charge, la responsabilité de rassurer les uns et les autres. Parce que c'est lui le maitre d'ouvrage, s'il venait à démontrer et à rassurer tout le monde que les 429 000 cas à l'origine de cette crise n a aucun impact sur le processus et sur la crédibilité du listing électoral, cela va apaiser l'ensemble des ivoiriens pour que nous puissions aller aux élections. C'est essentiel. Il nous faut aller aux élections on ne peut pas continuellement demeurer dans l'incertitude d'une élection à venir.
Concernant les décisions du premier ministre Guillaume en vue de gérer cette crise des 429 000 CAS
Je crois que le premier ministre à bien compris la crise et les propositions faites par lui sont idoines pour résoudre la crise et rassurer les ivoiriens. Il a parlé de comité de suivi, pour moi ce comité de suivi aurait du être installé depuis longtemps, mais le fait maintenant ne pose aussi pas de problème. A écouter le premier ministre l'acte posé par la commission électorale indépendante n'a pas d'impact sur le listing électoral, parce qu'il faut rappeler que les 5 millions trois cent mille électeurs qui ont été transmis à la CEI sont le fait de la Sagem et de l'Ins et ont fait l'objet d'un procès verbal signé par les deux structures, donc il ne s'agit pas ici de revenir sur les 5 millions trois cent mille. Les deux structures ont aussi signé un procès verbal validant la liste du million Trente trois mille du contentieux électoral. Aujourd'hui ce qui est recherché c'est de savoir si la commission électorale dans son initiative personnelle a impacté la liste pour l'heure Je crois que personne ne peut dire que l'initiative personnel de la commission électorale indépendante a impacté la liste électorale, c'est pour cela que le premier ministre doit aller loin dans sa recherche d'informations, il a au sein de son cabinet et son gouvernement des personnes ressources capable de dire si oui ou non l'initiative personnelle de la CEI a eu un impact sur la liste électoral.
De l'intention du FPI de profiter de la crise pour enliser tout le processus
On ne peut pas faire cette crise un bourbier s'enraciner et remettre en cause le chronogramme qui a été validé, Il faut qu'on aille aux élections, on souhaite tous que ces élections soient propres et crédibles mais je souhaite aussi qu'on comprenne que les problèmes qui sont posés ne sont pas insurmontables. On n'a besoin de plus de quarante huit heures ou plus de soixante douze pour nous situer sur la véracité des actes qui ont été posés. C'est pourquoi, nous disons qu'il faut tout ramener au premier ministre pour qu'il s'en saisisse et s'adresse aux ivoiriens pour nous dire si oui ou non l'initiative de la CEI a un impact sur la liste électoral.
A propos des exigences du FPI qui par la voix de son président Pascal Affi N'guessan réclame un audit complet du fichier électoral, Adama Bictogo a fait savoir qu'il n'y avait pas de logique à cette demande d'autant plus que ce n'est pas la liste des cinq millions d'électeurs validée par la Sagem et l'INS, et remis au président de la république Laurent Gbagbo au facilitateur Blaise Compaoré, à Choi le représentant spécial du secrétaire général de l'onu qui est remis en cause. Selon Adama Bictogo, les craintes du FPI son légitimes et normales mais il faut se garder de toute exagération dans cette crise en remettant en cause tout le processus électoral en cause.
Des craintes du FPI à propos de cette crise de la CEI
Le FPI a raison d'avoir des craintes et ces craintes sont légitimes. C'est légitime que d'une information des inquiétudes se développent, c'est pour cela que le FPI doit se rapprocher du premier ministre pour se rassurer que le mode opératoire que les 429 000 n'ont jamais été reversés dans la liste électoral. C'est leur droit de s'assurer que les 429 000 n'ont pas été reversés dans le fichier électoral. Pour moi la démarche du FPI doit être de se rapprocher du premier ministre pour obtenir un gage sur le reversement ou pas des 429 000 dans le fichier électoral. Si il ya eu reversement, il faut les identifier et les ressortir mais pour l'heure il n'ya aucune information qui permet de le dire, et le premier ministre lui-même l'a dit. Il a la lourde responsabilité de conduire le processus, il l'a réussi jusqu'à présent je crois qu'il n'ya pas de raisons à ce que les différents acteurs ne lui fassent pas confiance.
Démission exigée de Mambé
Pour Adama Bictogo, il ne faut pas personnaliser la crise mais chercher des solutions en s'assurant que les mécanismes de contrôle mis en place en interne ont été respectés par la CEI.
Respect de la période indiquée par le CPC pour le premier tour de la présidentielle
Adama Bictogo pense pour ce qui concerne le respect de la date du premier tour de la présidentielle qu'il faut arrêter de tricher avec le peuple ivoirien. Pour lui avant d'indiquer toute date qui ne pourra pas être respecté et discréditer les hommes politiques, il faut s'assurer d'obtenir au moins la liste électorale définitive.
Je voudrais interpeler tous les responsables politiques pour dire qu'il ya quand même un engagement d'honneur et la politique c'est un sacerdoce. Il faut qu'il y ait une sérénité absolue et qu'ensemble avec l'honnêteté qui doit nous habiter tous et regarder quel est aujourd'hui la date qui convient pour le mieux aux ivoiriens. Une date a été indiquée fin février début mars, mais au regard de tout ce qui se passe donnons nous les moyens pour que d'ici fin janvier mi février nous ayons la liste définitive et en ce moment pour moi toute date sera viable et crédible. Les ivoiriens commencent à douter des hommes politiques. Je ne veux pas appartenir à ceux dont la crédibilité est entachée par le fait des annonces non respectés.