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INTERVIEW

Theby Stanislas (Président de L'ASCEC): « Il faut aider la C.E.I dans sa mission et non la déstabiliser »
Interview réalisée par Sun Sumira | 25/10/2008

Actualité

Theby Stanislas est le président de l'Association de la Société Civile pour l'Eveil des Consciences. Dans cet entretien, il se prononce sur l'actualité socio politique et ne manque pas de tirer à boulet rouge, sur l'ensemble de la classe politique.

Réseau Ivoire : En l'état actuel de la situation socio politique, en côte d'ivoire, quel sentiment vous anime ?

Theby Stanislas: Merci ! La côte d'ivoire, notre pays, il ne faut pas se voiler la face, est installé dans un bourbier et il nous faut tous nous unir, pour l'en sortir. Les armes ont remplacées le bien être qu'attendait les habitants de ce pays avec un indice d'insécurité qui va croissant. Nous ne cessons, à l'Association de la Société Civile pour l'Eveil des Consciences, chaque fois que nous avons l'occasion comme c'est le cas maintenant, d'interpeller les décideurs de ce pays et avec eux, l'ensemble de la classe politique, sur ses responsabilités dans ce qui arrive de dramatique aux ivoiriens et de les inviter à cesser de ruser avec ce peuple qu'ils aspirent tous, à gouverner. Parce que depuis 06 ans, que nous sommes secoués par cette grave crise militaro politique, la classe politique ivoirienne, n'arrivent pas à nous en sortir. Nous, nous sommes amer et c'est peu dire. Au quotidien, nous côtoyons la misère qui s'est implanté dans les familles et lorsqu'on nous fait savoir que la porte de sortie de crise se trouve dans les élections, alors, il y a lieu de s'inquiéter. Puisque à ce niveau, depuis 06 années maintenant, aucune date n'a pu être respectée et la dernière, prévu pour le 30 novembre de cette année, parait utopique. Tous les hommes politiques en sont conscients, mais continu de donner de faux espoirs au peuple.

Justement, parce que la commission électorale indépendante (C.E.I), qui a en charge l'organisation de ces élections n'à pas encore parler de report ?

C'est vrai ce que vous dites, mais nous continuons de croire que pour que cette commission puisse organiser des élections libres, ouvertes, transparentes et incontestables comme le réclame tout le monde, des conditions doivent être remplies. Quel type d'élection peut on organiser dans un environnement où des personnes portent illégalement des armes et continuent de maintenir une partie du territoire de ce pays, sous leur contrôle ? Reconnaissons que malgré les beaux discours, le pays n'est pas encore réunifié. Il existe encore deux armées, qui répondent aux ordres de deux hiérarchies. L'une au sud, qui est dans la légalité et aux commandes de laquelle se trouve le Général MANGOU et l'autre au nord, qui ne répond à aucune norme légale. Par ailleurs, il faut le reconnaître, existent dans la zone gouvernementale, des milices qui détiennent des armes, elles aussi, illégalement. Rien que cela, l'enjeu des élections pourrait nous conduire à des jours sombres et électriques. C'est pourquoi, pour nous à l'Association de la Société Civile pour l'Eveil des Consciences, notre inquiétude demeurera sur l'incertitude d'organiser ces élections, tant qu'il n'y aura pas de désarmement. On aura beau faire l'identification qui d'ailleurs, connaît quelques difficultés ; offrir des audiences foraines de rattrapage qui ne sont actuellement qu'à l'étape des théories, procéder à la reconstitution des états civils détruits ou disparus, l'organisation des élections restera toujours un casse tête chinois. Nous ne le dirons jamais assez, le désarmement est complémentaire à l'organisation d'élections indiscutables. Prenons le cas des zone forces nouvelles, pour étayer nos convictions. Il ne se passe de jours ou les revendications des ex combattants ne se règle, à coup de canon. Imaginez cela en pleine période électorale. De plus, les actions de la C.E.I sont l'objet de sabotage, de la part des hommes politiques.

Les forces impartiales et les forces régulières de notre pays ont réfléchi déjà, sur un plan de sécurisation de ces élections. Est-ce qu'il y a lieu de douter du bon déroulement de ces élections ?


Nous, nous avons émis nos inquiétudes qui sont fondées, à tout point de vue. Mais sachez que ce plan de sécurisation devra commencer par le désarmement de tous les ex combattants et qui dit qu'il n'est pas infaillible ? Ce n'est pas en plein déroulement des scrutins, qu'on viendra pacifier les zones de tension. En ce moment, on agit à retardement et c'est cette façon d'agir que nous dénonçons. Nous en voulons pour preuve, l'attaque, ces jours ci, des centres d'enrôlement, mettant à nue, le plan de sécurisation. Ce que nous exigeons, c'est l'anticipation dans toutes les phases du processus. Il ne faut pas se voiler la face, ces élections ne se dérouleront pas sans heurts.

Malgré tout, la pré campagne bat son plein et chacun des leaders politiques qui aspirent à participer à ces élections, sillonnent l'ensemble du territoire national, sans grande difficulté. N'est ce pas de bons signes ?

On l'espère tous. Dans tous les cas, nous suivons tous le processus et souhaitons que tout se passe bien. Mais nous ne devons pas occulter le fait que les élections à venir sont d'un enjeu, d'une autre dimension que ceux que nous avons connu par le passé, avec des variables différentes, comme les armes qui sont en ce moment détenu par des hommes qui n'en méritent pas du tout. C'est cela le nœud gordien. Sinon, la circulation des hommes politiques peut se faire sans grand dommage, mais c'est les conditions de vote que nous devons craindre. Nous ne faisons qu'interpeller les uns et les autres sur leurs responsabilités. D'ailleurs, que pouvons nous attendre de nos hommes politiques ?

Vous en voulez terriblement à nos hommes politiques et pourtant chacun d'eux semble avoir la formule qui puisse nous remettre sur les rails du développement…

Nous n'en voulons à personne, mais ne présentons que les réalités. Observez la pré campagne. Ce sont des foires aux injures, les uns envers les autres. On critique, mais on ne fait pas de propositions sérieuses. Chacun, se contentant de nous ressasser ses vieux moments de gloire, et de nous montrer qu'ils s'en veulent, les uns les autres. On oublie que pendant ce temps, 04 millions de jeunes ivoiriens diplômés, sont sans emploi. Que le coût de la vie est devenu insupportable et que les revenus ont régressé par rapport à cela. Que se nourrir relève d'un chemin de croix et si on en trouve, cela n'est pas de qualité et en quantité. La surenchère au niveau des prix des loyers font que le nombre de sans logements et ceux en voie d'être expulsé s'accroît, chaque jour. La mort est à chaque carrefour, parce que les soins de santé dans nos hôpitaux sont un luxe et l'auto médication demeure le seul recours pour les familles, quand l'espérance de vie a considérablement baissé. Le comble, c'est le manque de contrôle sur les produits alimentaires à bas prix, venus de l'extérieur et qui ont envahi nos marchés, de qualité douteuse et parfois source de nombreux maux dont souffre les ivoiriens. L'Etat a abandonné son peuple, à la merci de ces produits alimentaire. Est-ce qu'on pense au peuple ? La récente hausse du prix du carburant qui a sérieusement agit sur les coûts des denrées alimentaires et autres marchandises avait été imputé à l'augmentation du prix du baril de pétrole sur le marché mondial. Aujourd'hui, ce prix a baissé et nous encourageons le gouvernement, dans sa volonté de baisser les prix à la pompe. Mieux, que cela soit ainsi, chaque fois, et que nous n'ayons pas à déployer nos gorges pour les interpeller. Aussi, elles doivent avec nous, veiller à ce que ces nouveaux tarifs à la pompe, rejaillissent effectivement sur les prix des denrées alimentaires et autres produits, qui ont connu, à partir de ce fait, des augmentations. Après avoir affronté tous ces problèmes, plutôt que de survivre dans la quiétude, l'ivoirien devra affronter la grande criminalité avec des bandits munis d'armes de guerre, qui nous dépossèdent des maigres moyens de subsistance dont nous disposons. Où allons nous ? Aujourd'hui, la psychose est généralisée, par des informations tendancieuses, faisant état, d'enlèvements de personnes, par des individus, à bord de véhicules de type personnel ou les taxis urbain, communément appeler wôrô wôrô. Si d'autres annonce que cela relève d'un trafic d'organes humains, certains planchent pour des besoins de sacrifices électoraux. Nous ne souhaitons pas nous inscrire dans cette polémique C'est pourquoi sur ce point, nous invitons nos autorités, en charge de notre sécurité, à rassurer les ivoiriens. Voilà, les vraies réalités que connaissent les ivoiriens et qui doivent intéresser nos hommes politiques.

Vous ne remarquez pas que l'heure soit aux investitures des candidats, au sein des familles politiques, et que nous prenions peu à peu connaissance de leurs projets de société et de leurs programmes de gouvernement ? Il n'y a donc pas lieu de désespéré de nos hommes politiques.

C'est l'occasion d'inviter les ivoiriens à plus de vigilance à ce niveau. Pour nous, à L'ASCEC, nous constatons qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil ivoirien. Ce sont les mêmes acteurs avec les mêmes pratiques. Nous avons droit aux belles théories sur le développement et après, une fois que le peuple leur aura octroyée le pouvoir, ce sera la richesse, la luxure, le lucre et le plaisir pour eux et la misère pour le peuple. C'est cela que nous ne voulons plus et nous sommes pour un changement de mentalité à ce niveau. La côte d'ivoire, il faut le reconnaître, est un pays riche en divers potentialités, à même d'assurer le bien être de tous ses fils.
Faut il continuer à voir souffrir ses enfants ?
Que chaque fille et fils de ce pays, s'interrogent. Des Etats émergeants comme les pays asiatiques et certains pays de l'Amérique latine, nous démontre chaque jour que notre situation actuelle n'est pas une fatalité. A condition que nous nous débarrassons de notre ingratitude et de notre égoïsme pour penser nation, pour penser côte d'ivoire. L'avenir de ce pays ne se situe pas dans les querelles entre familles politiques, mais dans l'acharnement au développement de notre terre natale. Les hommes passent, mais le pays demeure et demain, ce ne sera ni GBAGBO, ni BEDIE, ni ADO. Alors, que laissons nous en héritage à nos enfants et petits enfants, qui n'ont et qui n'auront pour seul pays, que la côte d'ivoire ? La réponse est en chacun de nous. Et méditons tous sérieusement.

Comprenez aussi que c'est la C.E.I qui a la responsabilité d'organiser ces élections et tous les hommes politiques ont décidé de s'en remettre à elle, au soir du 30 novembre…


Dans tous les cas, ils n'ont pas le choix. Pour nous qui avons décidé d'aider cette structure dans la réussite de sa noble mission de sortir le peuple ivoirien de ce bourbier, par la voie des élections, nous lui conseillons, comme nous l'avions déjà annoncé par le passé, la fin du premier semestre de l'année 2009, pour le premier tour de la présidentielle et que cette fois, soit la dernière. A cet effet, nous voudrions inviter les uns et les autres, à beaucoup plus de considération à son égard. Il faut aider la C.E.I dans sa mission et non la déstabiliser. Que les ivoiriens prennent leurs parts, dans ses missions et s'approprient l'enrôlement qui a cours, en ce moment. C'est pourquoi nous dénonçons les actes de vandalisme qui ont cours dans les sites d'enrôlement. Le chef de l'Etat et tous les acteurs du processus, les partis politiques, ainsi que les différents candidats, sont d'accord avec la C.E.I, pour reconnaître que la fraude n'est pas envisageable, vu la fiabilité du processus, à travers les balises mises en place. On se demande donc, qui ne veut pas des élections ?
Sur ce point, nous demandons à la C.E.I de se donner un délai de trois ou quatre mois, pour réussir l'enrôlement. Un fait à ne pas négliger, c'est qu'au delà des élections, ce processus va procurer aux ivoiriens, les pièces d'identité qu'ils attendent, depuis de nombreuses années. Au regard de tout ceci, nous supplions les perturbateurs de revenir à la raison.

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