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FATOUMATA SIDIBE, lauréat Clap Ivoire 2008 :" SI JE N' AVAIS PAS EU CE PRIX, JE N' ALLAIS PAS PLEURER " Raymond Alex Loukou [ 10/9/2008 ]
Pour un coup d' essai, on peut dire que ce fut un coup de maître pour la jeune réalisatrice malienne Fatoumata Sidibé, désignée Grand Prix Kodjo Ebouclé de Clap Ivoire cuvée 2008, festival-concours de courts métrages vidéo destiné aux jeunes techniciens et réalisateurs de l' UEMOA.
Venue à Abidjan sans grande conviction de gagner un trophée, Fatoumata est repartie à Bamako avec le gros lot ( Prix UEMOA du meilleur film documentaire et Grand Prix Kodjo Ebouclé ).
C' est avec une voix teintée d' émotion qu'elle a décidé de nous livrer ses premières impressions.
Rezoivoire.net: Comment te sens-tu après ce sacre ?
Fatoumata Sidibé: Je suis émue, très contente d' avoir remporté le Grand Prix. Je remercie les membres du jury et les organisateurs du festival.j' ai également une pensée pour mes parents qui m' ont toujours soutenue.
Est-ce qu'à un moment donné de la proclamation des résultats, tu as senti que le Grand Prix allait te revenir ?
Je dois dire que je ne m' attendais pas à ça. C' est vrai que j' étais consciente d' avoir fait un documentaire qui méritait une récompense, mais de là à obtenir le Grand Prix j' avoue que j' ai été agréablement surprise.
Surtout que tu étais à ta première participation...
Evidemment que je suis à ma première participation et contre toute attente j' ai décroché le Grand Prix. Je vous apprend que depuis l' institution de ce festival, aucun réalisateur malien n' a été à ce niveau.
Tu as donc briser le signe indien ?
On peut le dire ainsi. C' est avec fièreté que je porte ce Prix.
Qu' est-ce qui a motivé le choix de thème abordé dans ton film ?
Je peux dire que je suis partie d' une histoire personnelle. En effet, mon oncle et ma cousine ont eu des problèmes de santé en utilisant ces médicaments vendus dans la rue. En voyant ces médicaments vendus n' importe où et n' importe comment, je me suis dit que la santé de nos populations était en danger. Il fallait donc attirer l'attention des autorités sanitaires d' une part et d' autre part la population sur les dangers réels de ces produits. Pour moi, acheter les médicaments dans la rue, c' est acheter la mort.
Pourtant ces médicaments sont vendus au su et au vu de tout le monde...
Vous avez raison. Mais je dois dire que le ministère de la santé mène des campagnes contre ce phénomène sans grand résultat. A travers ce documentaire, j' ai voulu attirer l'attention des populations qui sont pour la plupart analphabètes sur les risques qu'il y a à consommer ces médicaments.
As-tu fais une école de cinéma ?
Pas du tout. J' étudie les sciences économiques et la gestion à l' Université de Bamako. Pour réaliser ce film j' ai bénéficié des conseils et des moyens de personnes qui avaient déjà de l' expérience dans la réalisation. Avec mon idée et mon scénario ont a essayé de faire quelque chose.
Es-tu tentée par une carrière de réalisatrice ?
L' appétit vient en mangeant. Avec ce Prix, j' ai l'impression d' avoir poussé des ailes. Je crois que beaucoup d' opportunités s' offrent à moi. Mon objectif à court terme est de faire de ce documentaire une fiction. La réalisation m' intéresse vraiment. Je compte bien bien avoir une formation à cet effet.
Si tu n' avais pas eu ce Prix, dans quel état d' esprit serais tu ?
Déjà, le fait d' être ici est un grand pas pour moi. Côtoyer les autres réalisateurs de la sous-région et suivre des ateliers de formation conduits par des experts est une chose extrêmement bénéfique pour un apprenti-réalisateur. Ce festival m' a également permis de comprendre que le cinéma est un outil d' intégration sous-régional. J' avoue que si je n' avais pas eu ce Prix, je n' allais pas pleurer.
Penses-tu que ce Prix va booster le cinéma malien ?
Moi je crois en la force des images. A travers le grand écran, on peut faire passer des images, des messages et espérer toucher un public plus large. Si ce trophée peut permettre au cinéma malien de se développer, je n' y vois pas d' inconvénients. L'essor du cinéma malien est l'affaire de tous.
Un mot concernant l' organisation de Clap Ivoire 2008.
Pour ce que j' ai entendu, je dois dire que les organisateurs ont réussi un exploit car le financement de cet évènement n' était pas acquis d' avance. J' en profite pour féliciter le Directeur du Centre National des Arts et de la Culture ( CNAC ) qui s' est battu pour faire triompher le cinéma. Je crois que les évènements de ce genre sont à multiplier sur le continent. L'organisation pour moi a été parfaite. L'essentiel a été atteint c' est-à-dire le public a renoué avec le grand écran.
A qui dédies-tu ce Prix ?
D' abord à mes parents qui m' ont toujours soutenue pour ce que je fais. Je voudrais aussi remercier Dieu pour qui a permis que mon rêve se réalise. Je n' oublie pas la structure de production qui m' a aidée à réaliser ce film.
Trois millions ça doit faire rêver !
J' ai les pieds sur terre ! ( rires aux éclats ).
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