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FAITS DIVERS

Profanation de tombe à Tiagba: La tête, la bosse et des membres du comédien ''Ayatollah" emportés
L'inter | 8/7/2010

Sadisme ou cynisme, peu importe. C'est véritablement un sacrilège qui a été commis la semaine dernière à Tiagba, village du département de Jacqueville (Sud de la Côte d'Ivoire) ; la profanation du caveau du comédien ivoirien, Albert Nguessan Gnamgba, bien connu sous le nom d'artiste de "Ayatollah".

Après avoir cassé la dalle de son tombeau, des quidams, sans foi ni loi, ont éventré son cercueil avant de se tirer avec des parties de sa dépouille, notamment sa tête, ses vertèbres (la bosse qu'il portait) et les membres. L'acte horrible a été commis dans la nuit du mercredi 30 juin au jeudi 1er juillet 2010 au cimetière de Tiagba, où dès l'annonce de la nouvelle, nous nous sommes rendu pour vérification. Samedi 03 juillet 2010. Il est 12h, lorsque nous arrivons à Grand-Lahou, ville côtière située à une cinquantaine de km de Tiagba, une presqu'île. Pour vérifier l'information relative à la profanation de la tombe du défunt comédien de l'émission satirique de la télévision ivoirienne " Comment ça va", nous nous rendons droit au commissariat de la ville, qui fait face à la gare routière. Sur place, l'officier de police à qui nous nous adressons avoue tout ignorer de l'affaire. Cet interlocuteur précise même n'avoir aucune plainte enregistrée sur le sujet, dans le poste de police. Qu'à cela ne tienne. Nous poursuivons notre route. C'est finalement à 14 heures 56 mn que nous accédons à Tiagba où, aux bons soins de trois jeunes élèves, nous nous dirigeons droit au cimetière. Perché sur une colline en pleine forêt à l'est du village, le cimetière de Tiagba a un emplacement tel qu'il est difficile d'y aller et d'en revenir sans être aperçu. Sur place, nous nous mettons à la recherche du tombeau dit profané. Nous parcourons le cimetière sous le chaud soleil pour retrouver l'emplacement de la tombe ne portant aucun signe particulier. Après quelque moment de recherche, notre attention est subitement attirée par des gravats de dalle en béton trainant dans un coin du cimetière. On aperçoit, à cet endroit, un morceau de tôle couvrant la partie endommagée du tombeau. Nous approchons le lieu en soulevant ce morceau de tôle. Nos regards sont directement plongés dans le fonds du caveau où nous découvrons un cercueil éventré, les pagnes ayant servi à soutenir la dépouille mis sens dessus-dessous, les ossements trainant dans ce qui reste du sépulcre. Bref, un spectacle effroyable. La vérité des faits ainsi constatée, nous rentrons au village pour en savoir davantage auprès des habitants.

Ce qui s'est passé
En allant à la rencontre des villageois, ces questions nous hantaient déjà l'esprit. Pourquoi un acte aussi odieux ? Et à quelle fin ? crime rituel ? A ces questions, seuls les auteurs de ce sacrilège peuvent évidemment répondre. Pour les parents du défunt visiblement meurtris et encore sous le choc, rien ne peut justifier cet acte. C'est pourquoi ils se sont remis à l'enquête ouverte par la gendarmerie pour en avoir les tenants et les aboutissants. « C'est la première fois qu'un acte aussi ignoble et odieux se passe dans notre village. Les villageois sont tous meurtris. Nous sommes sous le choc. Nous sommes sur la défensive parce que nous devons désormais faire preuve de vigilance », explique M Franck Aleké, cousin du comédien ''Ayatollah". C'est ce dernier qui révèlera l'arrivée d'éléments de la brigade de gendarmerie de Jacqueville dont dépend Tiagba, le lendemain de la découverte de l'horreur. En effet, depuis ce jour, il se raconte plein de choses dans ce village. Une dame que nous avons rencontrée pendant la traversée du fleuve, a pointé un doigt accusateur sur les fidèles d'une religion africaine : « Un groupe de chrétiens a célébré une fête des cadavres (ndlr : des morts) le 15 juin 2010. A cette occasion, le village a reçu de nombreux visiteurs. C'est certainement les fidèles de cette église qui ont commis ce forfait », accuse-t-elle. Mais l'explication de notre interlocuteur Franck Aléké est l'une des plus plausibles : « Le gérant de l'hôtel a reçu deux hommes qui sont arrivées à moto en début de semaine dernière, dans le village. Ils se sont fait enregistrer dans cet hôtel comme originaires du Cameroun et amis de l'artiste comédien. C'est à ce titre qu'ils seraient venus se recueillir sur la tombe. Ils ont dit regretter leur absence aux obsèques de celui-ci. Empêché, le gérant n'a pu les y conduire et leur aurait demandé de s'adresser aux villageois ». Ne se doutant de rien, ces villageois se sont exécutés sans arrière- pensée. Les deux étrangers, qui ont visité le village sont-ils les auteurs de la seconde mort de l'artiste comédien ? Pour le moment, ce ne sont que des pistes à explorer dans les investigations en cours. En attendant, cet acte odieux a replongé la famille de ''Ayatollah" dans le deuil et la consternation. Artiste comédien au talent reconnu de tous, ''Ayatollah" faut-il le souligner, est décédé le 3 septembre 2006 à Abidjan. Sa dépouille a été transférée dans son village natal la même année et y a été inhumée en présence de nombreux artistes qui lui ont rendu un dernier hommage. Germain Dja K, Envoyé spécial à Grand-Lahou

Germain Dja K

 

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