
Une mutilation génitale tourne au drame, une fille trouve la mort après avoir été excisée
Une jeune fille a trouvé la mort après qu'elle eut été excisée dans un village du département d'Alépé (sud), a rapporté lundi l'agence ivoirienne de presse (AIP) .
La victime faisait partie d'un groupe d'adolescentes qui ont subi tour à tour le couteau des exciseuses traditionnelles dans le village d'Aboisso-Comoé.
Celle-ci n'a pas eu la même chance que les autres, l'excision de son clitoris (élément de l'organe génital féminin) ayant provoqué une hémorragie qui lui a été fatale. La brigade de gendarmerie avisée a procédé à l'arrestation des deux exciseuses traditionnelles, venues spécialement d'Abidjan pour accomplir l' acte d'excision.
Selon l'AIP, celles-ci ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et devront dans les prochains jours répondre de leur acte devant les tribunaux.
L'excision qui consiste en une mutilation d'un élément de l' organe génital féminin se présente comme un véritable problème de société en Côte d'Ivoire. Cette pratique traditionnelle continue ainsi de résister au temps en dépit de l'existence d'une loi l' interdisant.
Le fléau qui « sévit » de manière prononcée dans les villages de l'ouest, de l'est et du nord de la Côte d'Ivoire a fini par gagner les villes du pays.
Le gouvernement et plusieurs ONG se sont pourtant impliqués sur le terrain dans la sensibilisation et l'information sur les effets néfastes des mutilations génitales. Dans le courant du mois de mars, le gouvernement ivoirien a décidé de passer de la phase de sensibilisation à la phase de répression de cette pratique. La loi interdisant l'excision en Côte d'Ivoire date de 1998. Pour punir cette pratique, elle prévoit une peine allant de 5 ans à 20 ans de prison en cas de décès de la victime.