
Entre sérieux et complicité ?
Faire comme l'autre ou me reconnaitre en lui, c'est probablement me conformer à ce qui est su et qui se fait depuis toujours. Mieux, c'est faire ce que me dicte la voix du monde et celle de la tradition : c'est, en un mot, être sérieux.
Le sérieux, c'est celui qui fait comme les autres non parce que ce que font les autres est en intime relation avec le vrai, le meilleurs; mais qu'en réalité, le sérieux n'a véritablement plus rien en proposer.
Dans une de ses rencontres avec les communautés départementales (rencontres dictées par ses fonctions de chef d'un état en sortie de crise), le Président Laurent Gbagbo fait naitre une nouvelle exigence, certainement liée au pansement actuel et ponctuel de son pays. En grand tribun, Laurent Gbagbo invite ses compatriotes à combattre le mensonge sous toutes ses formes: mensonge politique, donc historique ! Mensonge économique ! Mensonge médiatique ! Mensonge identitaire ! Mensonge "mensonge" mensonge !!!
Et paff ! Comme dans une pirouette, la leçon est copiée mais cette fois dans un apparat de bon tricheur par le médecin (lisez Docteur) du RDR : « Ce pays a besoin de vérité » (sic)
C'est cela, le sérieux : faire comme les autres pour se donner une mine de conformiste aux antipodes de la logique politique. Puisqu'il y a des mensonges à combattre, selon Laurent Gbagbo alors pour Dramane, ce pays a besoin de vérité. C'est là le grand guêpier à suivre de près dans cette atmosphère post-conflit et électorale.
Certains voudront faire comme les autres et tous chercheront à être sérieux. Or la particularité du sérieux consiste en l'adoption d'une réflexion complice: le complice étant toujours un couard.
Dramane le chantre de la vérité ? Le scoop n'est pas neutre: soit il traduit l'aveu d'une reconversion (passage du statut de menteur à celui de chantre de la vérité) soit il veut être sérieux, c'est-à-dire faire comme Laurent Gbagbo.
Avouons quand-même que même si cela n'est pas vrai, c'est tout de même bien inventé !