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La Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire (SODECI)
Les premiers mois de l'année 1960 voient la constitution de la Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire. Son capital est de 40 millions de F CFA. Elle se substituera dès le 27 septembre 1960, par avenant à la convention de base à la maison mère, la SAUR(Société d'Aménagement Urbain et Rural) dans tous ses droits et obligations. Celle – ci, faut-il le souligner, avait obtenu après appel d'offres le 1er octobre 1959, le contrat de concession pour la distribution de l'eau à Abidjan.
L'entreprise à ses débuts va fonctionner comme une PME en concentrant uniquement ses services sur Abidjan et ses environs. A partir de 1973, le programme de l'hydraulique national initié par le gouvernement va permettre à SODECI de prendre définitivement son envol et se développer progressivement par la suite en consolidant ses acquis pour être aujourd'hui parmi les sociétés de service public qui font autorité en Afrique et qui sont respectées dans le milieu mondial des professionnels du secteur de l'eau.
Contexte et enjeux
L'alimentation en eau potable des localités de Côte d'Ivoire, de par la forte concentration de population dans les villes (environ 45 % de population urbaine), repose sur l'existence d'une organisation forte, capable d'assurer efficacement ce service. Jusqu'à la fin des années 50, le service public de l'eau relevait de la responsabilité d'une société d'état. Au moment de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, afin de faire face dans des conditions satisfaisantes aux besoins d'alimentation d'Abidjan en eau potable, il a été décidé de confier cette responsabilité au secteur privé. à l'époque, seule la ville d'Abidjan (177 000 habitants en 1960) bénéficiait d'une alimentation en eau potable : un peu moins de 4000 clients étaient alimentés par un réseau d'environ 180 km.
Objectifs de l'action
Le principal objectif de la Sodeci (Groupe Saur, Société d'aménagement urbain et rural) qui, après appel d'offres international, avait été chargée de la délégation du service de l'eau, a été de doter la Côte d'Ivoire d'un service public de l'eau potable moderne, capable de faire face dans de bonnes conditions à la forte croissance de la demande et ce, tout en africanisant le plus rapidement possible le management de la société.
Description de l'action
La Sodeci est une société ivoirienne de droit privé en charge, dans le cadre d'un contrat de concession d'une durée de vingt ans (renouvelé le 12 décembre 1987), du service public de l'eau en Côte d'Ivoire, avec l'exclusivité de la production et de la distribution d'eau potable en milieu urbain (à l'exclusion du milieu rural).
Son autorité de tutelle est le ministère ivoirien des Infrastructures économiques et son actionnariat est le suivant :Saur International 46,06 % ;
actionnariat ivoirien privé 37,20 % ; personnel Sodeci 5,39 % ; Sidip 4,19 %, état ivoirien 3,25 % ; autres : 3,91 %.
Responsabilités de chaque acteur aux différentes étapes de l'action :
L'état ivoirien :
- conserve la propriété des infrastructures ;
- élabore la politique nationale de l'eau ;
- conserve le pouvoir de décision concernant la politique tarifaire proposée par la Sodeci ;
- assure la cogestion, avec la Sodeci, du Fonds national de l'eau, destiné à financer les investissements d'infrastructures du secteur ;
- assure la supervision des travaux effectués par la Sodeci et, plus généralement, le contrôle de l'ensemble des activités de la Sodeci.
La Sodeci :
- est responsable des actifs immobilisés qui lui sont confiés ;
- est responsable de l'exploitation et de la maintenance des installations placées sous sa respon-sabilité dans le cadre du contrat de concession ;
- est responsable de la qualité et de la continuité des produits et services fournis ;
- assure la cogestion, avec l'état ivoirien, du Fonds national de l'eau, destiné à financer les investissements d'infrastructures du secteur.
Résultats obtenus
Au plan quantitatif :
- plus de 400 localités desservies aujourd'hui, contre une seule en 1960 ;
- plus de 380 000 clients aujourd'hui (soit 6,5 millions d'habitants desservis), contre moins de 4000 clients en 1960 ;
- plus de 1300 salariés aujourd'hui, contre moins de 400 en 1960 ;
- environ 8000 km de réseaux aujourd'hui, contre moins de 200 en 1960 ;
- plus de 30 000 nouveaux branchements/an aujourd'hui, contre moins de 3000 en 1960.
Au plan qualitatif :
- africanisation quasi totale du management : président directeur général, directeur général, totalité des directeurs opérationnels et quasi-totalité des directeurs fonctionnels ivoiriens ;
- prise en compte des valeurs culturelles africaines dans la philosophie managériale de la société ;
- féminisation des postes ;
- développement de la formation ;
- responsabilisation budgétaire ;
- raccourcissement des lignes hiérarchiques ;
- intéressement aux résultats ;
- mise en place de fonds sociaux ;
- lancement d'une démarche assurance qualité devant aboutir à une certification ISO9002.
Problèmes rencontrés, solutions mises en place :
Afin d'assainir la situation financière du secteur, sous l'impulsion de la Banque mondiale, le Fonds national de l'hydraulique a été transformé en Fonds national de développement en 1987.
Ce nouveau fonds est géré directement par la Sodeci, sous le contrôle de la direction de l'Eau. Il est alimenté par une taxe sur les consommations et collecte ainsi environ 78 millions de francs par an qui sont utilisés pour le financement des petits travaux d'extension et de renouvellement, et la construction des branchements sociaux.
A noter qu'il existe également un Fonds national de l'eau, alimenté par une surtaxe sur les consommations, et géré par la Caisse autonome d'amortissement. Les 44 millions de francs ainsi collectés annuellement sont utilisés pour le financement des investissements lourds du secteur. Grâce à la mise en place de ces fonds et aux modalités de gestion adoptées, le secteur de l'eau s'autofinance depuis maintenant dix ans.
Perspectives et impacts
Les principes managériaux mis en place à la Sodeci depuis la création de la société ont permis, non seulement d'obtenir d'excellents résultats de gestion, mais également de dépasser le dialogue traditionnel Nord-Sud, d'établir un dialogue Sud-Sud (intervention de la Sodeci dans le développement du secteur de l'eau dans d'autres pays africains) et un dialogue Sud-Nord (développement de produits informatiques par la Sodeci pour une utilisation par le Groupe Saur en France).
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