Bernard Dadié
Bernard Dadié
Écrivain et homme politique ivoirien (Assinie, Côte-d'Ivoire, 1916),
Bernard Dadié, figure de proue de la littérature ivoirienne, est l'auteur d'une oeuvre
véritablement prolifique, qui aborde tous les genres littéraires: poésie, roman,
théâtre, chroniques, contes traditionnels, le plus significatif étant le théâtre.
Après des études à l'école normale William-Ponty de Gorée, il travaille pendant dix
ans à l'IFAN de Dakar. En 1947, il retourne dans son pays et milite au sein du RDA
(Rassemblement démocratique africain). Les troubles de février 1949 le conduisent en
prison pour seize mois, où il tient un journal qui ne sera publié qu'en 1981, Carnets
de prison.
À l'indépendance, il exerce tour à tour les fonctions de chef de cabinet du ministre de
l'Éducation nationale, de directeur des Affaires culturelles, d'inspecteur général des
Arts et Lettres, et, en 1977, il devient ministre de la Culture et de l'Information.
SES OEUVRES
Sa création littéraire s'est développée parallèlement à cette brillante carrière politique
et gouvernementale.
Il s'essaye au théâtre dès ses années d'école normale, et écrit
plusieurs saynètes, dont Assémien Déhylé (1937) qui sera jouée l'année suivante à Paris.
Il revient au genre théâtral à la fin des années 1960 avec des pièces d'inspiration
historique (Béatrice du Congo, 1970) ou militante (Îles de tempête, 1973), et des comédies
qui frôlent la bouffonnerie comme Monsieur Thôgô-Gnini (1970), caricature d'un nouveau
riche Africain, amoral et cupide.
Pétri des idées humanistes et de celles de la négritude,
il rédige une série de poèmes à caractère patriotique (Afrique debout !, 1950; la Ronde des
jours, 1956) dont plusieurs font désormais partie des programmes scolaires en Afrique. À
la même époque il donne deux recueils de contes, Légendes africaines (1954) et le Pagne
noir (1955), devenant ainsi l'un des précurseurs du mouvement de sauvegarde et de
transmission du patrimoine culturel africain. Avec Climbié (1956), roman largement
autobiographique qui s'inscrit dans la thématique classique du jeune héros qui s'affronte
au monde moderne, il donne l'une de ses meilleures ?uvres.
Dadié excelle surtout dans ses
chroniques, inspirées par ses séjours à Paris, New York et Rome (Un Nègre à Paris, 1959;
Patron de New York, 1964; la Ville où nul ne meurt, 1968). Sur un ton vif et sarcastique,
elles mettent en scène un touriste africain dont le regard ingénu fait ressortir le côté
étrange et paradoxal des grandes villes modernes. Ses dernières ?uvres sont plus engagées
politiquement et s'emploient à dénoncer l'injustice du colonialisme (les Jambes du fils de
Dieu, 1980; Commandant Taureault et ses Nègres, 1980).
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