
Décès de l'artiste burkinabè Sotigui Kouyaté
Le célèbre homme de théâtre et de cinéma burkinabè, Sotigui Kouayté, est décédé, samedi dernier, à l'hôpital Georges Pompidou de Paris, à l'âge de 73 ans, des suites d'une maladie pulmonaire, a appris APA, dimanche, de bonnes sources.
Ce célèbre comédien né à Bamako, au Mali, en 1936, avait d'abord exercé ses talents de griot dans son pays avant d'entamer une carrière sur les planches de théâtre, en 1966. Il avait alors monté sa propre compagnie de théâtre populaire.
A Paris, dans les années 1980, il rencontra Peter Brook, un metteur en scène anglais réputé, dont il deviendra très rapidement le comédien fétiche. Celui-ci lui confie un rôle dans « Mahabharata ». Ce fut le début d'un long et fructueux parcours. Car, suivront plus tard « La Tempête », « L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau », « Qui est là », « Antigone », « Hamlet », « Le Costume » et « Tierno Bokar »...
Sotigui Kouayté ne se contente pas de faire carrière sur les scènes de théâtre. Il apparaît aussi au cinéma dans « Black Mic Mac », une comédie de Thomas Gilou, avec Jacques Villeret (1983) ; « IP5 » de Jean-Jacques Beineix, avec Yves Montand (1991) ; « Tombés du ciel » de Philippe Lioret (1994) ; « Le Maître des éléphants » de Patrick Grandperret, avec Jacques Dutronc (1995) ; et « La Genèse » de Oumar Sissoko, avec Salif Keita (1999).
Il obtient plus tard un gros succès avec « Little Senegal » du Franco-algérien Rachid Bouchareb (2001), le futur réalisateur d' « Indigènes ».
Les deux hommes s'estiment beaucoup et auront une vraie complicité. La preuve, ils se retrouvent pour le remarquable « London River » tourné à Londres, en Grande-Bretagne.
Sotigui Kouayaté a d'ailleurs décroché l'Ours d'argent 2009 pour ce film au Festival de cinéma de Berlin.
Depuis l'annonce de son décès samedi soir, des messages de compassion fussent de partout à travers le monde.
Au Sénégal, le président de l'Association africaine des critiques de cinéma, le journaliste Baba Diop, a affirmé qu'un « très grand monsieur vient de finir sa scène ici bas ».
Aussi, l'Association « Vent d'Afrique », dont le défunt cinéaste est le parrain, a indiqué dans un communiqué que « la disparition de ce grand homme touche tout un continent. Mieux, tout le monde entier, car il a tant donné au monde culturel et artistique. Il nous aura légué beaucoup de son savoir-faire et il restera gravé dans nos mémoires… »