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Monoko Zohi Sidiki BAKABA [ 29/11/2005 ]
Monoko Zohi
Un mystérieux vieillard arrive, au crépuscule du soir, dans le village (cosmopolite) de Monoko-Zohi, habité par des hommes de toutes origines et de toutes religions.
La nuit même de son arrivée, le vieillard commet l'adultère avec l'épouse de son hôte. De cette union, naîtra un enfant prénommé To Wassi-To (On ne provoque jamais la guerre... quand on l'appelle, elle répond immédiatement).
Par ailleurs, le lendemain de la visite du vieillard, Monoko-Zohi est attaqué par une horde d'Ogres dont il parvient à se libérer grâce à l'union sacrée de tous ses fils (naturels et adoptifs) autour de leur Chef TIZIE et surtout grâce au courage et à la pugnacité du vieillard.
En dépit de son héroïsme, le vieillard sera, quand même, traduit devant le tribunal coutumier pour adultère. Selon la tradition, ce crime est passible de pendaison.
Peu avant l'exécution de la sentence, le Chef TIZIE révèle la véritable identité de l'énigmatique vieillard.
Présentation de Monoko - Zohi
Un petit village cosmopolite semblable à beaucoup d'autres sur notre planète où allogènes et autochtones cohabitent. Tolérance et intolérance, les incessantes frictions de la bête humaine» venue de nulle part mais de quelque part quand même finira par se réveiller un jour. Honte à celui ou celle qui ignore que qui que nous soyons, nous venons bien de quelque part.
Un soir, à la tombée du jour, une ombre sous la forme d'un vieillard, arrive à son tour dans le village et est accueilli avec l'hospitalité légendaire africaine. Une nuit, une seule nuit, la première a suffit à créer un bouleversement radical dans le village et surtout dans la vie du couple qui a bien voulu accueillir le vieillard chez lui.
Cette nuit là fut fatale. L'adultère commis par le vieillard au nom évocateur, mythique, universel et ethnique de Thanatos, Osiris, Gazoa etc. gratifia la jeune femme stérile d'un enfant apellé To - Wassi - To : « On ne provoque jamais la guerre... quand on l'appelle, elle répond immédiatement. » Quand la guerre s'annonce, la Dévoreuse (la mort) la précède toujours et se prépare à son festin funèbre. Prête elle attend. Etait-ce le signe annonciateur de la venue imminente de la guerre, que la présence du vieillard, telle l'hirondelle annonciatrice de la pluie? Voila que Monoko-Zohi est attaqué par des Ogres venus d'outre mer avec leurs éperviers d'acier et autres engins de mort, construits par les morts pour juger et assassiner la mort. Une hégémonie des ogres s'est dressée contre un minuscule village. Monoko-Zohi est rayé de la carte, laissant place à un charnier géant fait de chairs, de végétaux et de minéraux, toutes choses désagrégées.
La pièce de Diégou Bailly nous interpelle et nous rappelle notre cauchemar quotidien depuis un certain 18 et 19 septembre. Elle nous rappelle que nous sommes témoins ou victimes d'une tragédie imposée à nous par une alliance satanique.
Face au spectacle de la guerre qui laissera des balafres qu'aucun onguent ne pourra effacer, nous sommes condamnés à résister. Diégou nous le dit avec mythe et présent mariés, entremêlés, malaxés comme la guerre sait le faire. Le théâtre devient la forge de la métamorphose et le lieu propice à la vérité qui jaillit dans l'instant. Le théâtre, se présente comme notre ultime outil pour démêler ce nœud gordien.
L'ombre a besoin de la lumière pour être sculptée et la lumière a besoin de l'ombre pour s'affirmer. L'acte est posé.
Si la réalité va parfois plus loin que la fiction, elle tombe dans le filet de l'art qui de miroir devient marteau. Le théâtre n'est plus alors un reflet mais le feu d'une forge bouillonnante qui façonne la vie.
Auteur: Ivoirien DIEGOU Bailly
Metteur en scène : Sidiki BAKABA
DIEGOU Bailly, mise en scène par Sidiki BAKABA,
Interprétée par des grands noms du théâtre ivoirien comme Sidiki BAKABA, Kouadio Blaise, BAH Kanoulau et les élèves de l'Actor Studio.
Source: http://www.palaisdelaculture.ci/
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