
« Teza » de l'Ethiopien Hailé Gérima décroche l'Etalon de Yennenga au FESPACO 2009
« Teza » (la rosée), un film du réalisateur éthiopien Hailé Gérima, a été désigné meilleur film de la 21ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui s'est achevé samedi soir dans la capitale burkinabè.
Il offre par la même occasion à son pays, le premier « Etalon de Yennenga », le plus prestigieux Prix du festival, considéré comme le plus grand événement cinématographique du continent noir.
Le jury du long métrage présidé par le cinéaste burkinabè Gaston Kaboré lui a décerné ce prix en tant film d'un « niveau artistique et dramaturgique le plus complet ».
Le film, selon les jurés, témoigne du « talent et de la sensibilité » du réalisateur traduisant « l'histoire, la mémoire, la culture et le destin des peuples et des sociétés » africaines.
La scène commence dans les années 1970 et raconte une situation troublante de l'Ethiopie à travers la vie de Anberder, parti de son petit village pour des études en Allemagne.
Après un long séjour en terres européennes, il retrouve son pays dans les années 1990 et n'a qu'une volonté : mourir. Car le diplômé qu'il est ne retrouve aucun repère. Il ne reconnaît plus les hommes de son village et ne maîtrise plus la culture locale. On ne le comprend pas, lui non plus de comprend pas le monde qui l'entoure.
Son cas n'est pas celui de Tasfaye, un scientifique chevronné rentré assez tôt pour aider son pays. Lui qui se veut utile à cette société n'est pas du tout aidé par son l'environnement. Et son sort n'est pas forcément meilleur à celui de son ami Anberber.
C'est toute la problématique l'émigration des intellectuels africains qui est lancée à travers ce film. Faut-il accepter la fuite des cerveaux ou la destruction des cerveaux, si le pays natal ne comprend plus la route que veulent emprunter ses enfants formés ailleurs ?
L'Etalon de Yennega, doté d'une enveloppe de 10 millions de francs CFA, a été remis à la sœur du réalisateur et productrice du film, Selome Gérima, par le président du Faso Blaise Compaoré.
Elle a saisi cette tribune pour souhaiter la création d'une banque africaine pour le développement du cinéma, sous la tutelle de l'Union Africaine (UA), institution dont l'Ethiopie abrite le siège.
La veille, le film avait été récompensé par trois Prix spéciaux : Prix de la Fédération africaine des critiques de cinéma, Prix du Systèmes des Nations pour l'atteinte des objectifs du millénaire pour le développement et Zain de la valeur humaine de l'Homme africain.
« Teza » avait aussi remporté Tanit d'or aux 22è journées cinématographiques de Carthage, en Tunisie.
Hailé Gérima est né en 1946 dans son pays. Il a émigré en 1968 aux Etats-Unis, où il est devenu membre de l'Ecole des cinéastes noirs de Los Angeles. Il est resté attaché au continent, se considérant comme un élève du Sénégalais Sembène Ousmane, un des pionniers du 7ème art africain décédé en juin 2007 à Dakar. Il en fait son ami.
Ses films n'échappent pas à sa condition de Noir vivant aux Etats Unis. Ainsi, il a réalisé « Voyage imparfait » en 1994, « Une Victoire africaine » en 1999.