
Sidiki Bakaba retire l'ensemble de ses œuvres
Toutes les œuvres artistiques du comédien, acteur et réalisateur ivoirien Sidiki Bakaba ne sont désormais plus inscrites au bureau ivoirien des droits d'auteurs (BURIDA). L'artiste les a toutes retirés lundi. Elles sont 23 au total, ces œuvres comprenant des documentaires, des téléfilms, du cinéma, des théâtres, un cirque…
En somme divers genres à travers lesquels il s'est exprimé ici et ailleurs. Cette attitude plutôt inattendue de la part de Sidiki vise vraisemblablement à traduire un sentiment de ras le bol à l'égard d'un certain nombre de choses qu'il trouve inadmissibles.
Les raisons de ce coup de boule spectaculaire de l'artiste sont multiples : elles vont des nombreuses frustrations infligées à l'artiste en tant que individu mais aussi en tant membre d'une corporation maltraitée, négligée, lésée, ignorée au sein de la grande famille des artistes que coiffe le Burida. Il s'agit des interprètes danseurs, peintre, cinéastes, écrivains, etc. tout ce qui n'est pas musique : « La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où quand on parle d'artistes, on fait seulement allusion aux artistes musiciens…Et les autres ? » s'interroge-t-il.
La goutte d'eau qui manifestement fait déborder le vase est tombée en janvier lors de la soirée Haut de Gamme. « Aucune distinction n'était prévue pour les monuments du cinéma et du théâtre… » Fait-il remarquer. « Il est inadmissible que nous soyons ignorés de la sorte ».
A la verité Sidiki Bakaba déplore aussi et craint même le risque certain d'un cafouillage monstre et indescriptible qui va s'installer au Burida sitôt que la structure atterrira dans les mains des artistes comme un décret présidentiel l'a déjà ordonné conformément à la demande pressante de ceux-ci. « Je ne conteste pas le décret, mais si cette structure tombe dans les mais des artistes, ce sera la déchirure et la guerre parce qu'il y a trop de règlements de comptes» « Non, Je ne remets pas en question les compétences de mon petit frère (Armand Obou administrateur provisoire du Burida). Si j'avais la certitude que ce Monsieur resterait au Burida je n'allais pas les retirer… » Précise-t-il d'amblée. « En attendant que cette structure soit confiée à des personnes sérieuses, je préfère déposer mes œuvres dans un lieu où elles seront en sécurité… »
Par Koudou